Pharmaceutique suisse épinglée pour prix abusifs ; barrage de Belo Monte, les chinois dans la course ; rétorsions commerciales, l’escalade ; brésiliens du Japon, le retour ; il y a 20 ans, le plan Collor.

L’entreprise pharmaceutique Actelion dont le siège est situé à Allschwil près de Bâle vient d’être condamnée à 1,6 millions de R$ d’amende (950’000 CHF / 650’000 d’€) pour avoir trop forcé sur les prix d’un médicament contre la tension artérielle vendu au Brésil, le Tracleer. C’est la plus grosse amende jamais appliquée dans ce domaine.

L’ANVISA, l’Agence nationale de contrôle sanitaire, la justifie par le fait qu’Actelion aurait proposé un tarif bien supérieur au maximum fixé par les autorités pour ce type de médicament lors d’une soumission destinée aux services de santé de l’Etat de Sao Paulo. Actelion se défend en affirmant n’être que le fabriquant du Tracleer et « avoir confié sa commercialisation à un sous-traitant, qui serait responsable du prix articulé ».

Barrage de Belo Monte : les chinois dans la course

Après avoir montré leur intérêt pour après le train à grande vitesse, voilà les chinois intéressés maintenant par la construction du barrage de Belo Monte, le 3° plus grand du monde après Les Trois Gorges en Chine et Itaipu à la frontière entre le Brésil et le Paraguay (voir Vision Brésil n° 11 février 2010, « Belo Monte, barrage monstrueux ou impératif écologique ? »).  Des entreprises chinoises font déjà monter les enchères en vue de la mise au concours des travaux qui aura lieu début avril. Elles offrent des équipements à des prix 30 à 40% moins chers que les fabricants de turbines européens traditionnellement présents au Brésil, Alstom, Voith, Andriz ou ABB.

Les entreprises européennes admettent qu’elles ne pourront pas concurrencer les chinois sur les prix. Mais pour leur défense, elles avancent que, possédant des usines au Brésil, elles créent des places de travail. Les chinois, parce qu’ils ne fabriquent pas sur place, n’auront pas droit aux lignes de crédits de la BNDES, la Banque Nationale de Développement Economique et Sociale. Mais ils pensent en trouver sans problème chez eux, dans le cadre des structures de soutien à l’exportation, les capitaux qui pourraient leur manquer.

Rétorsions commerciales contre les USA, l’escalade.

Des deux côtés on prétend vouloir encore négocier, mais les discussions sont au point mort. Chacun fourbit ses armes dans le mécanisme de rétorsion commercial du Brésil contre les USA, autorisé par l’OMC, pour subventionnement illicite des producteurs de coton américain (voir Vision Brésil n° 11, février 2010). Le Brésil a publié une liste de 102 produits américains, allant des jeans aux lames de rasoir, en passant par les frigos, les voitures et les pneus pour lesquels les droits de douane vont être élevé de 100% si rien ne bouge.

Et ce n’est qu’un premier pas. L’étape suivante consistera à surtaxer les services et la propriété intellectuelle.  Une mesure beaucoup plus lourde qui concernera notamment toute l’industrie du film de Hollywood, les programmes informatiques, mais aussi la protection des brevets pharmaceutiques que le Brésil pourrait se permettre de ne plus respecter. Les USA se disent  « désappointés » par la fermeté brésilienne, mais les négociations sur un compromis n’avancent toujours pas.

Il y a 20 ans, le plan Collor

C’est un douloureux souvenir pour les brésiliens : le 16 mars 1990, 24 heures après son entrée en fonction, le nouveau Président du Brésil, Fernando Collor, dont on attendait beaucoup, annonce la confiscation de tous les comptes épargnes privés du pays dont le montant est supérieur à 50’000 cruzados nouveaux (l’équivalent actuel de 2’400 CHF / 1’600€).  Le Brésil se débattait alors dans une spirale inflationniste de 1600% par an et Fernando Collor promettait de « lui couper le cou, d’un coup, d’un seul. ».

Le choc est si violent qu’il plonge le pays dans une récession catastrophique. Un an après, l’argent des épargnants est remboursé, avec intérêt, Fernando Collor s’excuse, il devra plus tard démissionner,  suite à une procédure d’impeachment pour corruption. L’inflation, elle, ne sera jugulée que 4 ans plus tard, avec la mise ne place du Plan Réal par Fernando Henrique Cardoso.

Le traumatisme du plan Collor est encore vivace pour bon nombre de ceux qui ont perdu  une partie de leurs économies dans ce faux pas. 900’000 actions en justice sont en cours, pour des demandes de dédommagement dont le montant total est estimé à 50 milliards de R$, soit  20 milliards d’€ (30 milliards de CHF). Ces actions, qui mettraient l’Etat brésilien dans l’embarras, ont peu de chance d’aboutir. Celles qui ont déjà été jugée ont à chaque fois débouter les plaignants.

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