Bonjour,

La fin du mois de février marque la fin de l’été brésilien dont l’apothéose est bien sûr, le Carnaval de Rio. Je vous propose en amuse-bouche de cette édition un petit retour sur la soirée du Mardi Gras à Ipanema (à lire ci-dessous).

Mais cet après-carnaval signifie aussi le début d’une année importante, avec la succession de Lula à la Présidence et le renouvellement complet des Chambres et des Gouverneurs d’Etat. L’occasion de tenter un premier bilan du « lulisme ».

Post Scriptum: vu l’abondance de matières, la « chronique de Sao Paulo » de ce mois se trouve exceptionnellement sur la page suivante du blog! Allez-y, elle en vaut la peine, elle traite du blues des « paulistas ».

Bonne lecture,  faites connaître : https://visionbresil.wordpress.com/


Mardi Gras à Ipanema

Il est 11h du soir, on est Mardi Gras, veille du Mercredi des Cendres, qui marque le vrai début de l’année laborieuse. Après 5 jours de folie, le Carnaval de Rio s’éteint doucement. Mais la fête n’est pas tout à fait finie. Sur la plage d’Ipanema, enfin rafraîchie par une brise marine qui ramène les 40° de l’après-midi à un petit 26°, des milliers de personnes résistent encore. Moitié sur les trottoirs de mosaiques blanches et noires, moitié à même le sable et une petite minorité dans l’eau. (suite)

Des visages bariolés et fatigués à perte de vue, qui tous expriment la nostalgie d’un moment de bonheur partagé. Ce qui frappe, juste là, à ce moment, c’est la sérénité joyeuse de cette fin de Carnaval.  Chacun cohabite à côté de l’autre, sans nécessairement partager avec lui, mais en phase avec tous. On dit de Rio que c’est une ville violente. Avec raison. Mais c’est aussi une ville d’une douceur extraordinaire quand on surprend ses habitants dans de tels moment de communion.

Une coexistence naturellement pacifique, malgré les différences sociales.

Car le Carnaval sur la plage d’Ipanema, comme le premier de l’an sur celle de Copacabana sont des moments de paix collective inoubliables qu’il vaut la peine de partager une fois. Côte à côte, il y a ce soir de Mardi Gras, ceux qui veulent prolonger encore la fête, une bière à la main,  de quelques pas de sambas fatigués esquissés au son d’un haut parleur lui-même épuisé par tant d’heures de musique déjà égrénée. Il y a ceux qui vivent de la fête, comme Joana. Elle rôtit encore sur son petit grill à harbon portatif, les dernières brochettes de « queijo coalho », ce fromage du Nord-est qui combine si bien avec l’ambiance des réjouissances tranquilles, la recette aura été bonne, de quoi mettre un peu de beurre dans les épinards de la famille.

Il y a encore ceux qui s’activent à mettre un terme à la fête. Les hommes orange de la voirie, bien sûr, mais aussi Pedro, sa femme et ses 3 enfants, qui broyent à la chaîne les canettes de bière vide et écrasent les bouteille en pet. Ils les renvendront aux recycleurs grossistes pour une bone poignée de réais. Pedro a perdu le compte des milliers de récipients vides qui lui sont passé entre les mains, mais pour lui aussi c’est une belle journée, pécunièrement parlant. Et demain à l’aube, tout sera propre et nettoyé sur la page d’Ipanema grâce à tous les Pedros qui se faufilent entre les fêtards.

Il vaut la peine de vire une fois le Carnaval de Rio

Chacun trouve ici naturellement sa place, en parfaite égalité avec les autres, malgré les criantes différences sociales. Et cette gigantesque harmonie des gens, combinée à l’incroyable beauté de cette plage d’été nocturne fait de Rio de Janeiro, sans aucun doute, la ville la plus belle et la plus fascinante du monde.

Il vaut la peine de vivre une fois le Carnaval de Rio. Pour la splendeur de son défilé du Sambodrome, pour le joyeux désordre de ses « blocos » de rue, mais aussi pour ce moment privilégié d’un soir de Mardi Gras sur la plage d’Ipanema.

P.S. Cette année, c’est Unidos da Tijuca qui a gagné le Carnaval. Traditionnellement classée parmi les 12 meilleures, cela faisait tout de même 74 ans que cette école de samba n’avaient pas été couronnée première !

Advertisements