Phosphate norvégien contre baleines australes; l’assassin de Doroty Stang à nouveau derrière les barreaux ; désertification au Nord-est ; papier à base de PET.

L’entreprise norvégienne de fertilisants Yara veut implanter, en joint-venture avec la multinationale du grain Bunge, une usine de phosphates à Anitapolis, dans l’Etat de Santa Catarina. Investissement prévu, 550 millions de R$ (320 millions de CHF / 220 millions d’euros) et création de 2’000 postes de travail directs et indirectement.


Problème, le trop plein du lac de retenue des eaux polluées par cette activité risque de se déverser dans la mer, en pleine zone protégée de migration des baleines franches australes. Suite à l’intervention de plusieurs organisations écologiste, la licence environnementale qui avait donnée a été gelé pour étude.

La chasse à la baleine est totalement interdite dans les eaux territoriales brésiliennes depuis 1999. Une zone de protection a été instaurée sur 130km de côtes, couvrant un territoire maritime et terrestre de 156’000 hectares. La baleine franche australe remonte vers le Nord-Est du Brésil pour se reproduire, en mars, et redescend vers les eaux froides de l’Antarctique en novembre pour se nourrir durant l’été austral. Elle passe donc deux fois par an le long des côtes proches d’Anitapolis où devrait être implantée l’usine Yara. La baleine franche australe est une espèce protégée menacée. Il n’en resterait plus que 3’000 individus autour du globe.

L’assassin de Doroty Stang à nouveau derrière les barreaux

Je vous l’avais prédit, Bida, le commanditaire de l’assassinat de la missionnaire américaine Dorothy Stang allait refaire parler de lui (voir Vision Brésil n° 4, avril 2009 et Vision Brésil n° 5, mai 2009). C’est chose faite. Après avoir été condamné à 30 ans de réclusion, emprisonné, puis relâché une semaine plus tard suite à un recours, le voilà à nouveau (provisoirement ?) derrière les barreaux, jusqu’à ce que la justice tranche son recours. Son avocat a déjà fait opposition à cette mesure d’emprisonnement. Pendant ce temps, l’autre accusé de la mort de la religieuse engagée dans la défense des paysans sans terre, Regivaldo Galvão, court toujours. Son procès n’a pas encore été agendé.

Jane Dwyer, qui a succédé à Dorothy Stang à Anapu, affirme que peu de choses ont changé dans cette région du sud de l’Etat du Para depuis la mort de Sœur Dorothy : «  les petites gens se battent comme ils peuvent pour protéger leurs terres, mais les menaces des éleveurs de bétail et des exploitants forestiers sont de plus en plus violentes. Et ils ont le soutien des autorités locales. »

Désertification au Nord-Est ?

Les périodes de sècheresse, dans le sertão nordestin, on connaît. Elles sont même devenues moins meurtrières depuis que les autorités possèdent les moyens de les anticiper et de mettre en place des mesures pour aider les agriculteurs à y faire face. Mais voilà qu’un nouveau phénomène, durable celui-ci, fait son apparition, la désertification. A Irauçuba, 150km au nord de Fortaleza, 87% de la commune serait touchée. L’Etat du Ceara, recenserait déjà une augmentation de 10% de la désertification de son territoire.

Cela n’est pas dû aux seuls caprices de la nature : l’association entre sècheresse et mauvais usage du sol, un élevage trop intensif seraient à l’origine de cette stérilisation de la terre. Le réchauffement climatique accentuerait encore le phénomène. Si rien n’est fait, estime le Ministère de l’Environnement, le rythme de croissance du Nord-Est brésilien baissera de 11% d’ici 2050. Le Ministère a créé une cellule de coordination et de combat contre la désertification.  Cet organisme estime avoir besoin de 30 millions de R$ par an pour  pouvoir mener une lutte efficace. Son budget actuel est de… 4 millions de R$ !

Du papier à base de PET.

Une recherche menée par l’Université Fédérale de Sao Carlos, dans l’Etat de Sao Paulo en collaboration avec une entreprise de fabrication de bouteilles en PET a débouché sur une invention ingénieuse : fabriquer du papier à partir de plastique recyclé. Le procédé a été breveté et l’entreprise Vitopel s’apprête maintenant à commercialiser son produit dans le monde entier. Les débuts sont modestes, 30’000 tonnes par an, mais la production peut vite augmenter… si l’entreprise trouve assez de matière première à recycler. Le PET usagé, c’est ce qui lui fait le plus défaut en ce moment !

Ce papier synthétique permet d’écrire indifféremment au crayon, à la plume et au stylo, il supporte bien l’imprimante et peut aussi servir à confectionner des livres et des affiches. Plus léger de 40% que le papier classique, il économise 20% de la consommation d’encre. Et il est bon pour l’environnement : pour chaque tonne de papier synthétique produite, 850kg de vieux plastique ne vont pas à la poubelle. Et 30 arbres sont préservés de l’abattage, affirment les inventeurs !

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