Rétorsion commerciale contre les Etats-Unis ; le style des grands patrons ; endettement record des consommateurs ; le TAV Rio Sao Paulo à toute vapeur.

Le Brésil a franchi un pas supplémentaire dans la guerre commerciale qui l’oppose aux Etats-Unis à cause des subsides octroyés par le gouvernement aux cultivateurs américains de coton. Il prendra des sanctions contre les exportations américaines de services et la propriété intellectuelle.

Il s’agit d’un mécanisme de rétorsion croisée, autorisé par l’OMC, l’Organisation Mondiale du Commerce, lorsque deux pays n’arrivent pas à se mettre d’accord devant les instances internationales. « Nous préférerions négocier », dit-on à Brasilia, « mais s’il le faut, nous appliquerons ces mesures ». Le montant potentiel des sanctions brésiliennes à l’égard des USA est estimé à 830 millions de US$. (suite)

Le style des grands patrons.

Le mensuel « Epoca Negocios » consacre un dossier dans son numéro de février 2010 à la manière dont 5 patrons brésiliens ou dirigeants de multinationales implantées dans le pays gèrent leur quotidien et leur rapport avec leurs employés. Parmi eux, deux français, Roland de Bonadona, CEO da Accor et Jean Ollier, PDG de Michelin.

Les trucs et astuces vont de la « gestion-hélicoptère consistant à plonger vers la base depuis une altitude de croisière permettant d’avoir une vision d’ensemble » à un programme hebdomadaire de visites des bureaux de tous les subordonnés en passant par l’agenda électronique en couleur : rouge pour les urgences (mais pas plus de 20% !), vert pour la stratégie à long terme, bleu pour les relations humaines et blanc pour les rendez-vous privés…

Point commun à tous ces managers, ils se lèvent à 6 heures, chaque matin pour aller courir 10km avent de se rendre au bureau !

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Endettement record des consommateurs

Jamais les brésiliens n’ont tant dû d’argent à leurs créanciers! Alors que la dette extérieure du pays est aujourd’hui sous contrôle, celle des individus explose : 555 milliards de R$, l’équivalent de 40% du revenu annuel de la population, salaires, prestations sociales et rente vieillesse confondus. En 2009, les débiteurs ont consacré 4,8 mois de leur revenu pour honorer ces engagements, contre 4,3 mois en 2008 et… 2 mois en 2001 !

Malgré cela, l’équilibre des budgets familiaux n’est pas rompu : les mensualités n’ont représenté que 15% des dépenses des ménages en 2009, contre 18,2% en 2006, grâce à des taux d’intérêts plus bas et des délais de remboursement plus longs. L’augmentation de l’endettement des ménages va continuer, estiment les spécialistes qui mettent cependant en garde : le risque de surendettement pourrait réapparaître en 2011, lorsque la croissance du PIB et de l’emploi ralentiront.

Le TAV Rio Sao Paulo à toute vapeur.

Cette fois, c’est parti pour le Train à Grande Vitesse Rio – Sao Paulo : la mise au concours des concessions sera faite le 2 mai prochain. La BNDES, la Banque de Développement, et le Gouvernement ont déjà annoncé qu’ils allaient prendre une participation conjointe de 30% dans le consortium,  «  à travers une nouvelle entreprise d’Etat destinée à rassembler les connaissances nécessaires à la maîtrise  des technologies du TAV ».

Reste que les entreprises privées brésiliennes ne se bousculent pas pour entrer dans le capital. Seuls les frigorifiques Bertin, premier producteur mondial de viande, ont fait part de leur intérêt. Raison de ces réticences, les risques de retards et de surcoût liés aux contraintes environnementales et un prix du billet qui pourrait coûter aussi cher que celui d’un voyage en avion.

Cela n’effraye pas les investisseurs chinois « qui semblent être les seuls à pouvoir rafler la mise », confie un responsable d’une grande entreprise de construction nationale. « Ils ont à la fois les moyens financiers suffisants et la technologie appropriée ». Les chinois seraient aussi intéressés par des contrats compensatoires, sous forme de commandes de wagons de marchandises et de rames de métro.

Le coût du TAV Rio – Sao Paulo est évalué à 34,5 milliards de R$ (20 milliards de CHF / 14 milliards d’euros) et sa construction devrait être achevée pour l’ouverture des J.O de Rio de Janeiro en 2016.

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