Regard sur le déclin européen ; Bourse Haiti ; Nouveau Réal.

Cela rappelle la crise de la dette des années 1980, mais ça se passe de l’autre côté du monde, en Grèce, et les brésiliens, un brin condescendants, assistent à la plongée dans le rouge des économies du Vieux Continent alors que leur propre croissance flambe.


Paulo Nogueira Batista, par exemple, n’est pas tendre. Cet économiste, ancien directeur exécutif pour le Brésil au FMI affirme que l’Europe « sait se vendre à coup de beaux discours progressistes », mais qu’elle est aujourd’hui « une des principales forces rétrogrades au sein des institutions financières internationales » et qu’elle agit de façon médiocre et conservatrice. « L’Europe a plus souffert de la crise de 2009 que les Etats-Unis et sa récupération est plus lente. C’est un continent vieillissant, qui vit  de ses gloires passées et défend des privilèges qui ne correspondent plus à son poids réel dans le monde. »

Autre opinion, celle de Paulo Guedes, qui note que la crise grecque révèle un problème d’une autre ampleur : «  le surendettement consenti par les gouvernements pour sauver des systèmes financiers en déroute se traduit par une crise fiscale qui, compte tenu de la faible croissance projetée pour les années à venir va plomber durablement le secteur public. » Et de conclure : « cette crise fiscale de l’Occident, combinée à la guerre mondiale pour l’emploi met à mal les démocraties libérales et les politiques publiques de welfare state. »

Prolongeant ce raisonnement, le quotidien « O Estado de Sao Paulo » affirme que la démocratie est en pleine décadence et vit un de ses moments les plus critiques depuis la fin de la guerre froide. « Il ne sert plus à rien de parler des droits de l’homme et de la liberté. La Chine, avec sa realpolitik est au sommet du monde et montre le chemin. » Dont acte…

Bourse Haiti :

Lors de sa visite à Port au Prince, le 25 février, le Président Lula détaille le programme d’aide du Brésil à Haiti. Elle se concentrera sur la construction de maisons populaires et la formation rapide de main d’œuvre pour le bâtiment. Un autre volet prévoit une sorte de « Bourse Haiti », sur le modèle de la « Bourse famille » du Brésil, qui sera octroyée à  150’000 personnes en contrepartie d’une activité attestée de récolte des ordures dans les rues de Port au Prince. Le Brésil, qui dirige la force des Nations Unies en Haiti renforcera aussi son contingeant militaire sur place. D’ici fin mars 2000 soldats brésiliens seront à pied d’œuvre sur l’île, 800 de plus que maintenant.

Nouveau Réal.

Au mois de mai, le Brésil change de monnaie. Rien à voir avec les années maudites de la décennie 1980 où le pays passait régulièrement du cruzeiro au cruzado, puis au nouveau cruzeiro, coupant chaque fois plusieurs zéros au rythme de l’hyper-inflation du moment ! Non, cette fois le Réal reste solidement en place, – il a même tendance à se valoriser un peu trop face au dollar et à l’euro en cette période incertaine -, ce sont seulement les billets de banque qui vont rajeunir. Outre un nouveau dessin, leur dimension variera avec leur valeur (aujourd’hui tous sont égaux) et la sécurité des pictogramme sera renforcée. Ils porteront aussi des reliefs qui faciliteront leur lecture par les mal-voyants.

L’échange se fera progressivement jusqu’en 2012 et les ancien billets seront tous acceptés jusque là. Le coût total de l’opération est budgété à 1 milliard de R$ (600 millions de CHF / 400 millions d’euros). Tout devrait être terminé avant la Coupe du Monde de Football de 2014.

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