Lula adulé ; Rafale contre Gripen; affabulatrice condamnée en Suisse ; Angra dos Reis dévasté par les eaux; réveillon avec Iemanja et Le Grand Mix au Quai Branly.

Rarement Chef d’Etat aura été tant adulé. Et jamais au terme de huit années de pouvoir ! Avec ses presque 80% d’opinions favorables, Lula apparaît comme une exception mondiale. « Superstar en Allemagne », titre le site BBC-Brésil, élu homme de l’année  par le journal Le Monde, « celui qui a su remplacer les pistolets par des médicaments » conclut la chaine de TV arabe en anglais Al Jeezira. Mais qu’est-ce qui explique cet engouement?

On empruntera l’explication à la Voix du Nord qui le surnomme « le petit père Noël ».  « Avec sa barbe blanche broussailleuse, sa voix rauque et son doux sourire, Luiz Inacio Lula da Silva n’est pas un personnage de chimère enfantine, pas le vrai père Noël mais le président du Brésil. Un pays en plein essor, à la tête des combats économiques, sociaux, environnementaux les plus marquants. On attendait Barack Obama, mais c’est bien le Brésilien qui émerge en 2009 avant sa dernière année de présidence. Le parcours de l’ancien patron du syndicat de la métallurgie (tourneur à 14 ans) est exemplaire. Élu fin 2002 (réélu à près de 60 % en 2006), il a poursuivi son effort dans ce pays de 195 millions d’habitants exprimant les inégalités les plus violentes. La FAO établit qu’en six ans la malnutrition a reculé de 73 % et la mortalité infantile de 45 %. Le seuil de la pauvreté a été franchi dans le bon sens par vingt millions de personnes, passant de 28 % à 16 % grâce à des programmes sociaux audacieux. »

Un refrain que l’on retrouve partout : bilan social exemplaire, profond respect du jeu démocratique, Lula, redoutable animal politique, a su utiliser le contexte favorable d’une croissance économique vigoureuse pour faire décoller son pays. Beaucoup le voient de retour aux affaires dans 5 ans, après une présidence intérimaire, puisqu’il ne peut pas légalement se représenter une troisième fois de suite. En 2015, il aura 70 ans, le Brésil sera au lendemain de la Coupe du monde de football de 2014 et à la veille des Jeux Olympique de 2016 à Rio de Janeiro. Un boulevard pour l’ancien ouvrier tourneur. A moins que d’ici là, il ne soit happé par d’autres prestigieuses fonctions internationales…

Rafale contre Gripen :

Nicolas Sarkozy était sûr d’avoir bouclé l’affaire en novembre dernier. Vendre 36 avions de combat Rafale à l’armée brésilienne pour la substantielle somme de 4 milliards d’euros. Le Président Lula avait même confirmé. C’était compter sans les militaires explique Le Monde: « Dans les conclusions d’un rapport dont a fait état, mardi 5 janvier, le quotidien Folha de Sao Paulo, le Haut Commandement indique préférer le chasseur suédois Gripen NG, de Saab, pour moderniser sa force aérienne. Il place le F/A-18 Super Hornet de Boeing au deuxième rang et l’appareil fabriqué par le groupe Dassault seulement en troisième position. » Un sacré camouflet !

Aux dernières nouvelles cependant, le gouvernement maintiendrait son option pour le Rafale français, « un choix politique du Président » commente le ministre des Affaires Etrangères Celso Amorim, mais il veut renégocier le prix.

Affabulatrice condamnée en Suisse :

On se souvient de cette brésilienne qui affirmait avoir été agressée et mutilée par des néonazis dans la banlieue zurichoise en février 2009. De l’affabulation avait-elle reconnu ensuite. Son procès a eu lieu mi-décembre, il s’est soldé par une amende avec sursis de 10’800frs (7’200 euros). « Insuffisant » interroge le quotidien lausannois 24Heures ? « Les images de son corps mutilé avaient fait le tour du monde au début de l’année. Aujourd’hui, Paula O. , juriste brésilienne de 27 ans, comparaît devant le juge du Tribunal d’arrondissement de Zurich. Elle est accusée d’avoir induit la justice en erreur en inventant une histoire qui a failli se finir en affaire d’Etat. Et dix mois plus tard, le mystère reste complet. Face à tant d’incertitudes, l’affaire prend une tournure politique. L’UDC zurichoise a obtenu communication du Conseil d’Etat du montant de la procédure judiciaire et du traitement médical de la Brésilienne durant ces dix derniers mois. Dans sa réponse, le gouvernement calcule que le tout a coûté au minimum 27 400 francs. Une somme que Paula O. ne paiera pas de sa poche. »

Angra dos Reis dévasté par les eaux :

C’est un réveillon cauchemardesque qu’ont vécu les habitants et les touristes de la région d’Angra dos Reis, près de Rio de Janeiro le 31 décembre dernier, explique le Nouvel Observateur : « Deux coulées de boue en deux endroits différents ont fait au moins 39 morts, ont annoncé, vendredi 1er janvier, les autorités brésiliennes. Quelque 120 secouristes évoluaient difficilement au milieu des tonnes de boue pour tenter de retrouver des survivants. Le premier glissement de terrain a frappé un hôtel de luxe en bord de mer sur Ilha Grande, une île du Brésil située à une heure et demie de ferry d’Angra dos Reis, et emporté trois maisons. La police, qui a dénombré au moins 19 victimes, n’a encore révélé ni l’identité ni la nationalité des victimes qui occupaient le Pousada Sankay, un hôtel de luxe. Cet hôtel, d’une capacité de 50 places, affichait complet ».

On apprenait ensuite que le fils aîné du président français, Pierre Sarkozy, avait échappé de peu à la mort. Le Figaro explique que « le fils de Nicolas Sarkozy passait des vacances au Brésil. La maison dans laquelle il séjournait a été épargnée contrairement aux autres habitations où ont péri des dizaines de personnes ».

Réveillon avec Iemanja :

Le réveillon a toujours quelque chose de magique sur la plage de Copacabana à Rio de Janeiro : plusieurs millions de personnes s’y rassemblent pour accueillir la nouvelle année et honorer Iemanja, la déesse de la mer du culte candomblé. Jean-Pierre Langellier, correspondant du Monde au Brésil a consacré une jolie chronique à ces festivités dont voici un extrait : « Le 31 décembre, Copacabana est à nouveau, aux yeux de tous, « la petite princesse de la mer », comme les Cariocas l’ont affectueusement surnommée. La plus célèbre plage du monde déroule, sur 5 kilomètres, sa courbe sensuelle entre le Pain de Sucre et l’avancée rocheuse de l’Arpoador, où la montagne et la mer filent le parfait amour. (…) Ce jour-là, Rio oublie qu’elle est souvent le lieu d’un « apartheid social ». En fin d’après-midi, les habitants des favelas descendent vers les fameux trottoirs tapissés de mosaïques abstraites. Au réveillon de Rio, tout le monde est vêtu de blanc. C’est aussi, pour beaucoup, une fête de l’esprit où règne la couleur favorite des religions afro-brésiliennes, le candomblé des ancêtres esclaves et l’umbanda.

Lors du dernier recensement, 3 millions de Brésiliens déclaraient pratiquer le candomblé, soit 1,5 % de la population. Mais des millions d’autres sont imprégnés de ce vieux culte, où l’on communique avec les orixas, les entités spirituelles associées à un élément de la nature, et avides de nourriture, car, note l’ethnologue Roger Bastide, « les dieux sont gourmands, mais aussi fin gourmets ».

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/23/sous-le-regard-d-iemanja-par-jean-pierre-langellier_1284333_3232.html

Le Grand Mix au Quai Branly

Enfin, les parisiens vont avoir la possibilité de vivre un peu du Brésil chez eux, entre le 24 février et le 6 mars 2010. Le Musée du Quai Branly « invite à découvrir BRÉSIL* LE GRAND MIX, programmation festive composée du spectacle de capoeira INCORPORATION(S) et de quatre soirées brésiliennes uniques aux sonorités chaudes et métissées 
Les artistes invités évoquent les métissages musicaux entre rythmes traditionnels, percussions, rap et funk. »

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