1,1 millions d’emplois créés ; une entreprise à but social ; des coutumes contre les lois ; cinéma indien.

Depuis janvier, 1,1 millions de nouvelles places de travail ont été créés au Brésil, 230.000, rien qu’au mois d’octobre, un record absolu depuis 1992. Le Ministère du Travail juge que le solde des nouveaux engagements par rapport aux licenciements devrait à nouveau être positif à la fin de l’année, annulant les pertes d’emploi intervenues durant la crise de l’an dernier.

C’est l’industrie de transformation qui est plus particulièrement à l’origine de cette récupération avec 75 millions de nouveaux postes créés. L’an prochain : 2 millions d’emplois supplémentaires devraient voir le jour. Le dynamisme brésilien en la matière impressionne les analystes qui prédisent que le pays fera partie des 5 premières économies du monde après 2015.

Ashoka, l’entreprise à but social qui monte

Susciter des emplois pour des jeunes en les incitant à créer leur propre entreprise, c’est le crédo d’Ashoka, une ONG internationale présente dans de nombreux pays. Au Brésil, Ashoka a ouvert les portes d’un premier emploi à 3’000 jeunes des périphéries urbaines de Rio de Janeiro et de Sao Paulo grâce au projet « Une génération pour changer le monde. » Ashoka collabore avec des associations locales pour offrir des stages à des jeunes de 14 à 24 ans qui sont incités à retrouver leurs rêves d’adolescents et à les transformer en projets concrets. Condition supplémentaire, se regrouper avant de lancer une initiative. Il paraît que ça marche. En 2010, l’ONG étendra son programme au Parana, au Goias et à la Bahia.

Des coutumes contre des lois

L’histoire est délicate. Une visite d’observateurs dans les prisons de l’Etat du Mato Grosso du Sud vient de découvrir que plusieurs indiens y croupissent, accusés d’avoir entretenu des relations intimes avec des mineurs. Certains d’entre eux ne comprennent même pas pourquoi ils sont incarcérés ! Pour le code pénal brésilien, pas de doute, entretenir une relation intime avec une mineure, c’est un crime, puni d’un maximum de 12 ans de prison. Mais voilà, ces indiens du sud-ouest du Brésil ne font qu’obéir à une coutume ancestrale : un homme a le droit de « choisir » sa future promise en expérimentant avec elle l’acte charnel. Les juges du Mato Grosso refusent de prendre en considération ces traditions, même lorsque les « victimes » affirment être consentantes. Ils condamnent à tour de bras.

La FUNAI, la Fondation Nationale de l’Indien s’en est émue, qui a saisi le Conseil National de Justice, lequel a considéré ces condamnations arbitraires. Le débat n’est pas clos pour autant, des voix se font entendre dans les milieux féministes et chez les défenseurs des droits de l’homme pour que la justice brésilienne continue à réprimer ces pratiques. A l’opposé, les organisations indigènes, appuyées par de nombreux anthropologistes réclament un nouveau débat sur le statut des peuples indigènes relevant que les droits coutumiers des indiens n’ont jamais été pris en compte par la législation brésilienne.

Cinéma indien.

Cela fait longtemps que dans les « ocas » d’Amazonie, les maisons collectives de indiens, on regarde la télévision. L’apparition du groupe électrogène et de l’antenne parabolique ont aboli les obstacles. Mais chez les cuicuros du Haut Xingu, le rituel est différents. On ne se réunit pas pour regarder le Journal National ou la Télénovela de 20h, mais pour visionner les DVD de la série  « Tisügühütu ongitegoho ». Ce soir-là, un film dans lequel deux indiennes racontent le mythe de la création du pequi, un fruit qui à l’égal du manioc est à la base de leur alimentation. Deux heures durant, chants et rituels filmés défilent sur l’écran et l’attention ne faiblit pas. Puis tout s’arrête lorsque le générateur se tait, ayant épuisé sa réserve de carburant. Chacun rentre alors chez soi.

« C’est un moyen de préserver nos traditions » explique le cacique Afukaka Kuikuro, à l’origine de cette initiative. L’idée lui est venue dans un rêve, parce qu’il s’inquiétait de la brutalité avec laquelle la vie moderne des blancs faisaient disparaître la culture ancestrale de cette communauté d’une trentaine de familles encore assez préservée. Il a donc choisi un outil moderne, la caméra DVD, pour résister à la déculturation. Et a mobilisé un groupe de jeunes qui ont appris à s’en servir pour filmer au quotidien l’essence vivante de la culture des cuicuros. Ces derniers n’ont pas arrêté pour autant de regarder la télénovela de 20h00, mais ce n’est plus leur seule référence culturelle. Afukaka Kuikuro espère que le cacique qui lui succédera, choisi par la tribu saura perpétuer lui aussi ces traditions grâce à la technologie digitale.

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