Syngenta sur la sellette ; Lancôme à la hausse ; prix du cacao ; taxe sur les investissements étrangers.

thumbs1 million de litres de produits agrochimiques non conformes ont été saisi par ANVISA, l’agence Nationale de Contrôle Sanitaire à la fabrique Syngenta de Paulinia, dans l’Etat de Sao Paulo. Il s’agit de substances dont la date de validité était dépassée, ou de compositions dont le certificat de conformité n’était pas en ordre. Les inspecteurs d’ANVISA, aidés d’agents de la police fédérale, ont passé 3 jours dans les locaux de Syngenta pour inventorier toutes ces irrégularités.

L’entreprise bâloise, numéro un dans la vente des agrochimiques sur le marché brésilien a confirmé l’inspection effectuée par ANVISA mais ne reconnaît pas explicitement sa responsabilité, se bornant à souligner que « l’entreprise a pris toutes les dispositions nécessaires afin que nos distributeurs et nos milliers de clients ne soient pas lésés ». Parmi les accusations portées, la destruction d’étiquettes d’identification pour un lot de Flumetralin Tecnico, obligatoires pour ce produit reconnu cancérigène. Autre reproche, la commercialisation vers d’autres Etats du Brésil d’Acarmate (Cihexatina), dont la vente est interdite dans l’Etat de São Paulo, depuis la fabrique de Paulinia.

Syngenta a 30 jours pour se mettre en règle et risque une amende de 1,5 millions de R$ (900’000 CHF / 575’000 euros) ainsi qu’un procès criminel si l’enquête en cours met en lumière des dommages qui auraient été provoqués par la vente de ces substances non conformes. Depuis le début de l’année, ANVISA a saisi 5,5 millions de litres de produits agrochimiques non conformes dans différentes entreprises du pays.

Lancôme à la hausse

lancômeIl y a 2 ans, Lancôme lançait son site de e-commerce pour le Brésil. Croissance fulgurante, +80% en 2009. il assure aujourd’hui 10% du total des vente au Brésil, le Brésil qui représente le quatrième marché de l’entreprise française de cosmétique après les Etats Unis, la Chine et le Japon. La France vient loin derrière.

Prix du cacao

cacaoAprès le sucre (voir Vision Brésil n°7, septembre 2009), c’est au tour du prix du cacao de flamber sur le marché mondial. Il a atteint son plus haut niveau depuis 24 ans à la Bourse de Londres, qui centralise les transactions sur ce produit, en raison de prévisions faisant état d’une demande qui va largement dépasser le volume de la récolte attendue pour cette année à venir. Les spécialistes s’attendent à la pire pénurie des dernières 40 années. La récolte débute en octobre pour le cacao.

Sucre et cacao plus cher, bonjour les dégâts pour les accrocs au chocolat ! Sauf si le prix du lait continue à baisser. Mais alors, ce seront les paysans européens qui vont faire grise mine… Sans compter que le monde consomme de plus en plus de chocolat noir, riche en cacao et en sucre, mais pauvre en lait !

Taxe sur les investissements étrangers.

bovespa(4)Le dollar américain ne cesse de s’effondrer face au réal brésilien. 1 US$ pour 1,70 R$, une baisse de 26% depuis début 2009. Problème, le dollar est la monnaie de référence pour les transactions avec l’étranger et les taux d’intérêt sont si attractifs au Brésil que les capitaux affluent. On estime que d’ici la fin de l’année, le pays recevra encore 20 à 30 milliards de US$ d’investissements. En 2 mois donc. La banque centrale s’en inquiète, le gouvernement aussi, qui a décidé de mettre un frein à cette spirale dangereuse.

Il réintroduit l’IOF, l’Impôt sur les Transactions Financières, sur les entrées de capitaux étrangers. En soi,  l’IOF n’est pas une nouveauté, cette taxe existait déjà avant octobre de l’année dernière. Elle avait même été augmentée en janvier 2008, puis aboli lors de la crise économique mondiale, à cause de la rareté du crédit en circulation.

L’IOF fait donc sa réapparition, mais les analystes doutent que cela freine la chute du dollar : il était passé de 0,2 à 0,38% en janvier 2008, la monnaie américaine cotait alors 1,68 R$. 3 mois après, en mars, elle ne valait plus que 1,55 R$. Effet IOF nul ! La différence, c’est qu’à l’époque, les investissements en bourse n’étaient pas taxés. Ils le sont désormais. Et lourdement : 2% ! Le ministre de l’économie espère que cette fois ce taux sera assez dissuasif pour les spéculateurs. Les applications boursières sont la principale source d’entrée des dollars au Brésil.

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