9. tucano800L’Amazonie bleue ; les rivières volantes ; Amiante interdite d’exportation; Le bec mystérieux des toucans.

L’Amazonie bleue

Le Brésil est riche non pas d’une, mais de deux Amazonies : l’Amazonie verte de la forêt et l’Amazonie bleue, cet immense patrimoine marin qui court le long des 3.000km de côtes, un trésor largement méconnu des brésiliens eux-mêmes.


Ce sont 4 millions de km2, autant que l’Amazonie verte, encore laissée à l’exploitation quasi sans contrôle de la pêche industrielle et de la bio-piraterie internationale. En mai dernier, l’Université Fédérale du Rio Grande du Sud a réuni 500 chercheurs, étudiants spécialistes de la pêche et experts en biologie marine à Porto Alegre pour tenter de mettre en place un cadre légal et faire le point sur l’état des recherches en cours. Les discussions ont aussi porté sur la portion des eaux internationales de l’Antarctique où est érigée une base de recherche brésilienne.

Le constat est dur : pas assez de moyens, pas assez de chercheurs, pas de politique scientifique coordonnée, l’étude et l’observation de l’Amazonie bleue en est encore à la préhistoire, au Brésil. « Il faudra encore beaucoup de symposium comme ça pour que ça bouge » a conclu, un peu amer, un des organisateurs de la rencontre. Deux résultats tout de même, un accord de coopération technique pour développer la pêche à l’anchois, un poisson très commun sur les côtes brésiliennes et mal exploité, avec des méthodes non dommageables pour les autres espèces. Et puis la publication d’un livre de référence a été lancée, « Mer et environnements côtiers », coordonné par le Ministère fédéral de la Science et de la Technologie, qui réunit l’essentiel des recherches en océanographies faites au Brésil à ce jour. C’est un premier petit pas…

pluieLes rivières volantes.

On dirait la plus belle des plaisanteries : des cours d’eau qui parcourraient le ciel, au gré des vents, dans tous les sens, à quelques dizaines de km d’altitude. C’est pourtant une théorie tout à fait sérieuse, qui a été mis en lumière il y a une trentaine d’années et qui est actuellement systématiquement étudiée par un Suisse installé au Brésil, entrepreneur à la retraite et passionné d’aviation, Gérard Moss. Dans son petit monomoteur transformé en laboratoire, il sillonne le ciel de l’Amazonie pour recueillir les gouttelettes d’eau en suspension qui se forment dans son ciel. « Au dessus des 3 plus grandes forêt du monde, celle de l’Afrique centrale, celle de l’Indonésie et l’Amazonie , se créent d’immenses masse d’eau qui se déplacent ensuite selon les courants, , pour aller irriguer des régions bien moins arrosée ». Ainsi, toutes les précipitations qui tombent sur la Pampa argentine et le grenier à soja du sud-ouest du Brésil sont tributaires de ces immenses fleuves en suspension.

Les gouttelettes recueillies par Gérard Moss sont ensuite disséquées en laboratoire, on en extrait l’ADN qu’on compare à celle d’autres gouttelettes et des arbres de la forêt pour identifier leur origine et le parcours qu’elles ont accompli. « Un  gros arbre peut évaporer 300 litres d’eau par jour, commente Gérard Moss, assez pour qu’on puisse retracer parfaitement l’itinéraire des précipitations ». Enjeu de ces recherches, prévoir les risques éventuels du déboisement de l’Amazonie sur des régions qui sont les poumons économiques du continent : « le lit d’une des rivières volantes qu’on étudié mène à une région très peuplée et dégradée de l’Etat de Sao Paulo. Elle y déverse 3.200 m3 d’eau par seconde, 27 fois le débit du Rio Tietê, la principale rivière qui traverse la grande métropole ». Si le débit de ce fleuve du ciel baisse, je vous laisse imaginer les conséquences… ».

Site de Gérard Moss :

http://360graus.terra.com.br/extremoss/brasildasaguas_diario_mostra.asp?did=11669

AmianteAmiante interdite d’exportation

Petit à petit, le dossier de l’amiante avance au Brésil. Le gouvernement continue à autoriser son extraction et sa commercialisation, (voir Vision Brésil n°3, avril 2009, « sus à l’amiante »), mais les exportateurs viennent de subir un dur revers : l’Etat de Sao Paulo a interdit l’acheminement de ce minerai vers l’extérieur par le port de Santos, principal débouché jusqu’à présent. C’est en utilisant une loi qui interdit l’usage de l’amiante dans l’Etat de Sao Paulo à cause des dégâts que cela cause à la santé que cette mesure a été prise. 3000 tonnes de minerai sont bloqués dans le port de Santos depuis le 22 juillet.

Certes, cette interdiction ne concerne qu’un seul des 26 Etats du Brésil, mais plusieurs observateurs estiment qu’on va aller assez vite vers une interdiction totale. En attendant, la  SAAMA, filiale du groupe Eternit do Brasil, qui exploite la principale mine d’amiante du pays à Minaçu dans le Goias explique qu’elle va aménager des terminaux dans les ports de Paraguaçu (Parana) et Vitoria (Espirito Santo) pour honorer ses commandes extérieures et que « des ruptures de stocks pourraient se produire sur le marché intérieur », où l’amiante est utilisée pour les toitures et les réservoirs d’eau. SAAMA exporte surtout vers la Colombie, le Venezuela et le Canada.

tucano voandoLe bec mystérieux des toucans.

Quand ils volent, ils sont d’une élégance rare, mais vu de près, les toucans, ces oiseaux symbole du Brésil sont très disgracieux. Leur grand bec jaune, presqu’aussi volumineux que le reste de leur corps leur donne un aspect complètement déséquilibré. Des chercheurs brésiliens et canadiens se sont penché sur le mystère de ce bec géant. Et ils ont trouvé l’explication ! En filmant des toucans en vol au moyen de caméras infrarouges, ils ont découvert que le bec de l’animal était un régulateur de chaleur. Il est parcouru par un réseau très dense de vaisseaux sanguins qui agissent comme les alvéoles d’un radiateur, absorbant puis évacuant la chaleur du corps de l’oiseau.

La découverte a été publiée dans Science et elle met fin à une énigme qui intriguait déjà Darwin. Ce dernier avait émis l’hypothèse que l’ornement nasal du toucan servait d’attrait sexuel. Plus tard, on a prétendu que l’énormité du bec facilitait le décorticage des fruits à écorce dure dont se nourrit l’animal. Ni l’une ni l’autre de ces théories n’a convaincu. Maintenant, on sait, le bec du toucan est un climatiseur sophistiqué !

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