Sous-marins français pour le Brésil ; Apports monétaires des émigrés ; Fin du feuilleton sur l’aide à l’exportation ;7. ss-marins skorpène Un syndicat « loue » ses adhérants pour manifester .

Sous-marins français pour le Brésil

6,8 milliards d’euro, c’est le prix que la marine brésilienne va payer pour acquérir 4 sous-marins conventionnels « Skorpène », de fabrication française et faire construire  une base navale afin de fabriquer un sous-marin nucléaire, avec l’aide technique de Paris.

Le prix est salé, 1,8 milliards d’euros pour la base et 1,25 milliards par sous-marin, de quoi permettre au gouvernement Sarkozy de faire un bon bilan de « l’année de la France au Brésil », qui se termine en novembre. Au-delà, une polémique naissante sur la dissémination nucléaire : la marine brésilienne laisse entendre « que la France s’est engagée à transférer sa technologie nucléaire au Brésil », mais l’accord signé par les Présidents Lula et Sarkozy spécifie que « l’appui de la France à la construction d’un sous-marin nucléaire brésilien concerne seulement les parties non-nucléaires du bâtiment ». Juste une question de nuances ? Pas pour Greenpeace qui a organisé tout une série de manifestations de protestation le week-end dernier (22-23 août) dans les principales villes du Brésil.

carta convite europaApport monétaire des émigrés.

Comme pour les autres pays d’Amérique du Sud, les transferts monétaires au Brésil provenant des émigrés représentent un montant non négligeable : 7, 2 milliards de US$ en 2008. Si on en croit les prévisions de la Banque Interaméricaine de Développement, ces transferts ont sérieusement  baissé dans toute l’Amérique latine en 2009, passant de 69 à 61 milliards de US$, soit une chute de 11%. Un tassement surtout difficile à supporter pour les pays des Caraïbes, très dépendants de ces transferts, à l’exemple d’Haiti ou de la République Dominicaine. Ce sont surtout les envois depuis l’Europe qui ont diminué, car c’est là que l’augmentation du chômage a le plus touché les émigrés d’Amérique du Sud. Paradoxalement, le Brésil risque de s’en sortir mieux car une grande majorité de ses ressortissants qui vivent en Europe travaillent dans le secteur des services où l’emploi informel est roi. Les pertes d’emploi y sont moins fortes que sur le marché officiel du travail, même si les salaires sont nettement inférieurs.

rio-de-janeiroSao Paulo et Rio de Janeiro parmi les villes les plus chères d’Amérique latine

Le dernier ranking UBS de l’indice Mac Donald du coût de la vie (nombre de minutes de travail nécessaire pour acheter un Big Mac avec un salaire moyen dans 73 villes du monde) met Caracas en numéro un des villes les plus chères d’Amérique latine, suivie de Sao Paulo et de Rio de Janeiro. Le coût de la vie au Brésil est donc cher pour les brésiliens, mais c’est tout relatif si on le compare aux grandes villes des pays développés : Sao Paulo et Rio se retrouvent alors respectivement à la 42° et à la 48° place. Elles font donc partie des villes où le coût du Big Mac est moins élevé que la moyenne mondiale. Si on veut par contre acquérir un IPod Nano 8 mégas, ce n’est pas tout à fait la même chose : il ne faut que 9 heures de travail à un zurichois pour l’acheter, mais un habitant de Rio devra y consacrer 7 jours de son emploi s’il veut s’offrir ce cadeau ! Preuve qu’au Brésil, le salaire moyen reste très bas et l’échelle des inégalités de revenus très élevée.

exportacaoFin du feuilleton juridique sur l’aide à l’exportation.

La réduction à l’exportation de l’impôt sur les produits industriels (IPI) était un héritage empoisonné du régime militaire. Son sort est enfin réglé, le Tribunal Fédéral a tranché, le Brésil ne risque donc plus les foudres de l’OMC pour ce subside détourné à son industrie. L’IPI réduit avait été introduit en 1969 par le gouvernement  Costa e Silva pour stimuler les exportations et freiner l’entrée des produits importés qui payaient eux, un IPI complet. Le problème, c’est que personne ne sait exactement quand cet IPI réduit a été aboli ! Il semble que ce soit en 1983, mais aucun texte officiel ne vient le confirmer. D’autres affirment que ce fut en 1990, date à laquelle la nouvelle constitution abolissait tous les subsides antérieurs.

Mais un carré de réfractaire prétend que la mesure avait  encore cours en 2002 ! Et qu’ils n’ont donc pas à rendre au gouvernement tout ce qu’ils ont déduit depuis 1983, soit 288 milliards de R$ (169 milliards de Frs, 106 milliards d’euros).  Le Tribunal Fédéral a coupé la poire en deux et décidé que la fin de l’IPI réduit avait eu lieu en 1990. Sans grosse réaction du monde des affaires car la plupart des entreprises avaient constitué des réserves pour faire face à une décision de ce genre. Le gouvernement de son côté a annoncé qu’il était prêt à négocier un étalement des remboursements pour ceux qui auraient des difficultés de trésorerie.

manifUn syndicat « loue » ses adhérents à ceux qui veulent manifester.

C’est pratique, c’est pas cher et ça va vite : si on veut manifester à Brasilia sur l’Esplanade des 3 pouvoirs, contre le gouvernement, ou pour de meilleurs salaires, ou encore contre la violation des droits de l’homme, plus besoin de faire venir des militants de tous les endroits du pays. Il suffit de s’adresser, par téléphone ou par courriel à la « Nouvelle Centrale Syndicale » qui vous louera le nombre de manifestants que vous voulez, pour 40 R$ (23 Frs ou 15 euros) par tête. Le syndicat repasse alors la commande à « Sandra », une recruteuse qui vit dans une des périphéries les plus violentes de Brasilia, Planaltina, où elle recrute des sans emploi parmi ses voisins et les voisins de ses voisins : « Cela aide des démunis et revitalise l’engagement syndical brésilien qui manque de vigueur ». On peut voir ça comme ça… Ah, petit détail, les manifestants de location sont payés cash le jour même et seulement en billets de 20R$ s’il vous plaît.

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