5. crescimento_economicoA l’occasion des 40 ans d’existence de son cahier économique, le journal Globo publie un fascinant diagnostic de l’évolution du Brésil depuis les débuts du « miracle » impulsé par la dictature militaire à coup de subsides et de réserve de marché, jusqu’à l’ouverture globale qui caractérise la politique des autorités depuis 1994: le Brésil est aujourd’hui un géant économique, c’est la 10ème puissance mondiale, mais il reste tributaire d’une certaine fragilité. Et surtout, son profil productif a peu varié en 40 ans !


Une croissance peu dynamique.

Première surprise, la croissance brésilienne a patiné au long de ces 4 décennies si on la compare à d’autres pays en développement de l’époque. Ainsi, le PIB par tête brésilien était de 410 US$ en 1969, il a sauté à 5.860US$. Une belle progression de 1.329%, mais une faible performance face à l’évolution du PIB indonésien (de 70US$ à 1.650 US$, + 2.257%) ou chinois (de 110 US$ à 2.370 US$, + 2.054%). Le champion de la croissance toute catégorie reste la Corée, son PIB par tête est passé de 230 US$ en 1969 à 19.730 US$, soit une augmentation de 8.478% !

Pourquoi un tel écart de développement ? « Parce que la Corée a investi sur l’éducation, sur une politique fiscale favorable aux entreprises et à l’initiative privée, et sur l’ouverture de ses marchés, contrairement au Brésil qui peine à se libérer d’une mentalité encore très protectionniste et étatiste », conclut l’auteur de cette comparaison. A quoi on peut ajouter une fiscalité parmi les plus lourdes du monde.

190421minerio_ferroUn grand exportateur de produits de base.

Second enseignement, les exportations brésiliennes ont peu évolué au cours de ces 40 ans. Ce sont toujours majoritairement des produits de base, des « comodities ». En 1969, le café comptait pour 48% dans le total des exportations, aujourd’hui 5 items représentent plus de 30% des ventes extérieures : le soja, la viande de bœuf et de poulet, le minerai de fer, les oranges et les dérivés de la canne, sucre et éthanol.

Ainsi, l’effort d’industrialisation du « miracle économique » a certes modernisé le pays, mais il n’a pas eu d’influence significative sur la nature des exportations brésiliennes. Contrairement à l’Inde par exemple, qui de pays complètement agricole à l’époque est devenu un grand fournisseur mondial de technologie de pointe aujourd’hui. « Certes, l’augmentation des prix sur le marché mondial a contribué à l’enrichissement du Brésil (le total des exportations est passé de 2,3 milliards de US$ en 1969 à 198 milliards de US$ aujourd’hui, en valeur constante), mais la volatilité des cours des comodities rendent la croissance économique du pays fragile, » analyse Eliane Oliveira, à qui on doit cette comparaison.

Expansion financière.

Là où les choses ont vraiment changé, c’est dans la croissance du secteur financier : l’indice de la bourse de Sao Paulo a augmenté de 2.375% de 1969 à aujourd’hui, malgré les crises successives, et le volume des transactions, qui était de 258 millions de US$ en 1969 atteint déjà 313 milliards de US$ pour 2009, alors que l’année n’est pas terminée ! Un effet évident de la stabilisation de la politique monétaire du pays avec l’introduction du réal et la fin de l’inflation en 1994. Revers de la médaille, ces flux financiers restent souvent spéculatifs et les industriels se plaignent régulièrement des difficultés qu’ils ont à mobiliser des capitaux pour investir dans la production.

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