images-1Débat sur les quota, les laissés pour comptes de l’Etat de Sao Paulo

Débat sur les quotas.

Faut-il systématiquement réserver des places aux gens de couleurs dans les Universités du Brésil ? L’idée s’est imposée, « au nom de la reconnaissance de ce qu’ont apporté à la construction du pays les victime de l’esclavage et leurs descendants ».

Ces derniers, il est vrai, font aujourd’hui partie, dans leur majorité, des couches les plus défavorisées de la population. A contre-courant, l’Université Fédérale de Rio de Janeiro vient de briser le consensus en décidant de renoncer à appliquer les quotas dans ses murs: « C’est un système trop rigide qui freine la créativité et fait baisser la qualité de la formation ». L’UFRJ veut que l’encadrement permettant aux gens de couleurs issus de milieux défavorisés d’accéder aux études commence bien avant l’entrée à l’Université, par des aides ciblées. L’Alma Mater ne serait pas le lieu approprié pour le faire.

Les organisations de défense des étudiants noirs ont fait recours, rappelant à juste titre que les Universités Fédérales sont publiques et gratuites, mais qu’en raison de leur niveau d’exigence élevé, elles accueillent surtout des étudiants issus des couches favorisées de la population. Les noirs et les pauvres, eux, sont contraints de s’inscrire dans des établissements privés, où les écolages sont souvent chers et l’enseignement mauvaise qualité. Pour sortir de l’impasse, certains prônent de remplacer les quotas par le recours à la pratique des « actions positives », comme cela se fait aux Etats-Unis.

Loin de ces polémiques académiques qui agitent la « Cidade Maravilhosa », Sao Paulo, métropole de la mode et de la culture, a choisi cette année encore, de réserver aux modèles de couleur 10% des places, lors des défilés du Sao Paulo Fashion Week, un rendez-vous incontournable sur le circuit mondial de la haute couture. Dans le domaine de la mode, les quotas ont bonne presse! (Sources : collectif des ONG’s « 3° secteur », Jornal do Brasil)

Les laissés pour compte de l’Etat de Sao Paulo

L’Etat de Sao Paulo a beau être locomotive économique du Brésil est la région la plus développée du pays, il ne traite pas nécessairement très bien ses concitoyens les plus démunis. Une étude de la Funasa, la Fondation nationale de Santé, s’est intéressée à la situation des villages indiens de l’Etat de Sao Paulo. Il y en a 28, qui abritent 5.600 habitants, en majorité d’origine guarani. 15 de ces villages, la moitié donc, n’ont ni eau potable ni système d’égouts. 13 d’entre eux n’étaient même pas recensés par la FUNASA ! L’enquête a été déclenchée à la suite d’une manifestation de 70 chefs indiens qui ont occupé le siège de la Fondation et exigé la démission du coordinateur régional. Ils lui reprochent de négliger la question indigène.

Une autre enquête tirée du rapport annuel sur le travail des enfants de l’Organisation « Reporter Brasil », qui lutte contre le travail esclave, affirme que 98% des enfants et adolescents qu’ils ont interrogé, dans les 17 principales municipalités de l’Etat fréquentent effectivement l’école, mais que 3/2 d’entre eux travaillent à côté ! Tous sont issus de familles pauvres qui dépendent de plusieurs revenus pour survivre et dans lesquels les frères et sœurs plus âgés ont déjà été confronté au travail infantile. Ils n’ont pas accès à l’aide sociale et les subsides de la Bourse Famille sont insuffisants pour nouer les deux bouts. L’enquête ne prend certes en compte « que » des familles à risque, on ne peut donc pas en déduire que tous les enfants de l’Etat de Sao Paulo sont dans cette situation, mais les chiffres restent tout de même inquiétants. (Source : Estado de Sao Paulo, Reporter Brasil)

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