images persigao sadia

Brèves économie, juin 09 : Mégafusion dans le poulet, sortie de crise à la bourse de Sao Paulo, Michelin et le caoutchouc social, grogne française sur les pommes brésiliennes, accord compensatoire avec l’Union Européenne. 


 

 

Mégafusion dans le poulet :

Le mariage de Sadia et Perdigão, les 2 principaux concurrents brésiliens sur le marché du poulet et de la charcuterie a été consommé fin mai. L’entreprise s’appelle maintenant BRF (Brasil Foods), c’est une des plus grosses fusions de ces dernières années. Chiffre d’affaire annuel, 8 milliards d’euros (12 milliards de CHF), 120.000 employés répartis dans 42 usines. BRF est désormais le premier exportateur mondial de viande conditionnée et numéro 10° de l’industrie alimentaire sur le continent américain.

La fusion, qui doit encore être approuvée par les autorités anti-trust, est examinée avec beaucoup d’attention par Nestlé. La multinationale helvétique s’est en effet vue interdire l’achat des chocolats « Garoto » en 2004, par ces mêmes autorités. « Ou le Brésil est un pays sérieux, déclare Ivan Zurita, PDG de Nestlé-Brésil, ou il ne l’est pas : avec Garoto, Nestlé aurait occupé 47% du marché national du chocolat. Les autorités ont dit non. Sadia et Perdigão ensemble vont contrôler 85% du marché des viandes préparées. Les règles doivent être les mêmes pour tous». (Source Valor Economico, Gazeta Mercantil)

Sortie de crise à la bourse de Sao Paulo

En novembre 2008, la bourse de Sao Paulo était au fond du trou, à l’instar de ses consœurs du monde entier. Et le dollar flambait à 2, 50 R$. 7 mois plus tard, l’indice Bovespa a repris des couleurs : il s’est valorisé de 80%.  Le dollar américain, lui, a repris sa chute face au réal brésilien : 1,95 R$ pour 1 US$. On n’en est pas encore aux chiffres record de juillet 2008, mais on s’en approche. Le Brésil semble mieux surfer sur la crise mondiale que d’autres. Cela est dû au fait que le pays est peu dépendant de ses exportations parce qu’il possède un énorme marché intérieur potentiel. Ce phénomène attire les investisseurs étrangers en mal de placements rentables.

La confirmation de la reprise pourrait venir avec les chiffres du second trimètre 2009 : une croissance projetée de 05 et 2% après 2 trimestres successifs de récession. Tout cela reste cependant fragile, le secteur industriel tient surtout grâce aux exemptions fiscales promulguées par le gouvernement sur les achats de voitures neuves et les appareils électro-ménagers au début de l’année pour lutter contre la crise. Des incitations à la consommation qui vont prendre ce mois. (Source Globo)

Michelin et le caoutchouc socialement correct

Les choses avaient mal commencé pour Monsieur Bibendum dans la Bahia: les 5’000 ha d’hévéas plantés par Michelin sur sa propriété de Igrapiúna à 150Km au sud de Salvador, se révèlent quasi improductifs, infestés qu’ils sont de champignons. En 2005, l’entreprise de pneus jette l’éponge et offre sa plantation à ses ouvriers. 12 personnes relèvent le défi, se regroupe au sein d’une coopérative baptisée Ouro Verde (l’or vert) et diversifient. A côté des hévéas, il y a maintenant des cacaoyers et des bananiers. 75% de la propriété sont devenus une réserve servant à des études sur la lutte contre le champignon des arbres à caoutchouc.

4 ans plus tard, la production de latex (que Michelin continue d’acheter à ses ex-employés) a repris, passé de 2,3 à 2,6 tonnes par an, malgré la réduction des surfaces exploitées. 24 tonnes de cacao sont venus s’y ajouter, qui ont rapporté 4 millions de US$ l’an dernier. L’expérience d’Ouro Verde a aussi essaimé grâce à des aides techniques et financières des autorités, 1000 familles de petits paysans reçoivent un encadrement pour améliorer et commercialiser les fèves et les bananes qu’ils produisent, dans 59 villages des environs. (Sources : Valor Economico, Mundo Sustentavel)

Grogne anti-brésilienne chez les producteurs de pommes français.

La Fédération Nationale des Producteurs de Fruits française s’en prend vertement aux magasins Leclerc, accusés de brader la pomme importée du Brésil à 1 euro le kg, alors que la pomme française se vend entre 2 et 3 euros. Selon la Gazeta Mercantil, la pomme brésilienne se négociait à l’exportation fin ma, 0,415 centimes d’euros le kilo, ce qui laisserait à Leclerc une confortable marge de 141% pour le transport, l’empaquetage et la vente.

Les fruiticulteurs brésiliens n’ont pas apprécié, eux non plus. D’après les tabelles de l’Institut Brésilien du Fruit (Ibraf), l’exportation des pommes a rapporté 35 millions de US$ pour la période de janvier à avril 2009, en recul de 17% par rapport à la même période de 2008, mais les quantités embarquées n’ont diminué que de 2,9%. La pression exercée sur les prix sous prétexte de crise mondiale est évidente et elle ne fait pas que des malheureux ! (Source : Gazeta Mercantil).

Accord compensatoire avec l’Union Européenne.

L’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’Union Européenne va se traduire par un gain de 280 millions de US$ en exportation de viande et de sucre pour le Brésil. C’est la teneur de l’accord signé début juin à Bruxelles, afin de compenser les pertes que l’entrée de ces 2 pays dans l’UE risquent de faire subir au Brésil. (Source : Valor Economico)

Publicités