8.1augusto_boalMort d’Augusto Boal ;  sècheresse et innodations ; un Suisse distingué ; un pays encore plus grand.

Augusto Boal, la mort d’un monstre sacré du théâtre

Il était peu connu à l’étranger, hors des milieux du théâtre, mais son nom est tout un symbole. Augusto Boal a inventé le « théâtre de l’opprimé », qui a marqué des générations d’artistes engagés dans la lutte contre les dictatures. Le concept est assez simple, il met en scène une situation de conflit entre un opprimé et un oppresseur, au milieu de la pièce, les acteurs s’arrêtent et invitent les spectateurs à venir jouer la fin du sketch. Suit une discussion collective sur la résistance  à l’arbitraire et l’exercice de la démocratie.

Augusto Boal a mis au point son approche théâtrale en exil à Buenos Aires, dans les années 1960, en compagnie d’un autre réfugié, le pédagogue Paulo Freire, inventeur du concept d’alphabétisation-conscientisation. Paulo Freire a ensuite gagné Genève où il a fondé l’Institut d’Action Culturelle (IDAC) et Augusto Boal s’est installé, lui, à Paris. Les 2 hommes sont rentrés au Brésil après l’amnistie de 1979, et Augusto Boal a fondé à Rio de Janeiro le « Centre du théâtre de l’Opprimé »,.

Il est décédé le 2 mai 2009, à l’âge de 78 ans, au moment malheureusement où le  Centre du théâtre de l’Opprimé est menacé de fermeture : un tribunal  réclame à l’institution plus de 34.000 réais d’amende, psuite à une présentation défectueuse des comptes en 2003. Cette pénalité pourrait faire couler le CTO, vu les maigres subsides qu’il reçoit des autorités. Une pétition a été lancée pour sauver l’héritage intellectuel du grand metteur en scène. (Source :  collectif des ONG’s « 3° secteur »)

8.0ça s'est passéSècheresse là où il pleut, innondations là où il fait sec.

Cet automne 2009 est catastrophique sur le plan climatique pour l’extrême sud et  pour le nord du Brésil. Dans le Rio Grande do Sul, où le climat reseemble à celui de la Méditerranée, les pluies étaient censé arriver, mais pas une goutte entre le 1er janvier et le 10 mai ! Pendant ce temps, dans le sertão Nord-est, là où la pluie ne tombe normalement qu’en janvier et février, il pleut sans discontinuer depuis le début de l’année.

Il a donc fallu fermer des écoles et réduire la fourniture d’eau au Sud, où le déficit est de 42% en relation à la moyenne des années précédentes. La pluie s’est enfin mise à tomber mais cela ne suffira pas pour sauver toutes les récoltes. Au nord-est en en Amazonie, plus de 1,2 millions de personnes sont temporairement sans abri à cause des innondations. Et de telles pluies diluviennes avaient déjà ravagé la région en 2008. 2 années de suite,  cela ne s’était encore jamais produit, de mémoire d’homme, dans le semi-aride nordestin.

Peu de victimes fatales de ces dérèglements climatiques, les autorités ont plutôt bien réussi à faire face. Pourtant, il s’agit bien d’une catastrophe de grande ampleur, même si c’est une catastrophe régionale et silencieuse qui n’a pas mobilisé les médias, hors du Brésil. Beaucoup pensent ici que c’est la conséquence des dérèglements climatiques et que cela va se reproduire : « le pays va devoir compter avec ça et prévoir d’éponger des coûts chaque fois plus élevés à cause des caprices du temps. » (JJF avec la presse nationale)

8.3Goeldi_Emilio_Augusto_1859-1917Itinéraire d’un Suisse en Amazonie

Lorsqu’on visite Belem, à l’embouchure de l’Amazone, il y a 2 incontournables : le marché aux poissons « Ver o Peso » et le Musée Goeldi, crée par un citoyen suisse, Emilio Goeldi, dont on fête les 150 ans cetta année. Goeldi fait partie de cette génération de savant marquant la transition entre les naturalistes du XIX° siècles comme Darwin et la science du XX° siècle, qui va se séquencer et se spécialiser. On dit que c’est grâce à lui que l’Amazonie est devenue objet d’étude scientifique.

Arrivé à Rio de Janeiro en 1884, il s’installe d’abord à Térésopolis où il tente sans succès de travailler avec des descendants de colons suisses. Il accepte alors une proposition pour réformer le musée du Para à Belem, dont il va faire le Musée Goeldi. Il y organisera le premier catalogue systématique de la faune et de la flore de la région et multipliera les collections de plantes et d’animaux d’Amazonie. Des collections encore visibles à Belem aujourd’hui. Une bonne partie de ces travaux vient de ses propres expéditions en forêt.

Déçu par l’antropologie brésilienne qu’il trouve trop raciste à son goût, – il critiquera notamment le regard sur les indiens, un peuple que l’on voulait encadrer et civiliser, alors qu’Emilio Goeldi défendait la préservation de leur identité culturelle -, il revient en Suisse en 1907 où il enseignera à l’Université de Berne, jusqu’à sa mort. Sa biographie vient de paraître en portugais, « Emilio Goeldi, aventure d’un naturaliste entre l’Europe et le Brésil » écrit par Nelson Sandaj, historien. Un livre qu’on aimerait bien voir traduit en français et publié par un éditeur suisse romand ! (Source : Globo)

8.4topographic map brazilLe Brésil toujours plus grand.

Géographiquement parlant, le Brésil n’est pas vraiment gêné aux entournures ! Si on le plaque sur une carte d’Europe, il couvre une surface allant de Lisbonne à Moscou et du Cap Nord à Rome ! 8.550.000 km2 pour 189 millions d’habitants, 2 fois moins que la population du Vieux-Continent.

Pourtant, le Brésil a décidé de grandir encore un peu : oh pas beaucoup, juste de 84,5km vers le nord ! Son point le plus septentrional a en effet été rectifié : il ne s’agit plus du Cap Orange, sur le fleuve Oiapoque, à la frontière avec la Guyane française, dans l’Etat de l’Amapa, mais du Monte Caburaí, dans l’Etat du Roraima, à la frontière avec l’anglophone Guyana. L‘information n’est pas vraiment neuve, puisqu’une expédition avait déjà fait ce constat en 1931, mais les livres scolaires continuaient à ignorer ce détail. Le voilà enfin corrigé ! le Brésil va donc de Chui dans le Rio Grande do Sul à Monte Libano, et non pas de Chui à Cabo Orange.

Au fait, ça fait combien de kilomètres ? 5909, d’après Google Maps qui nous précise encore qu’il faut 3 jours et 7 heures par la route, si tout va bien, pour relier ces deux extrêmes… (JJF)

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