analfabEncore des décénies pour vaincre l’analphabétisme ; 3000 bateaux-bus scolaires ; certificat de naissance, la galère en Amazonie ; avocats publics dans les favelas.

Encore des décénies pour vaincre l’analphabétisme 

C’était en 2000 à Dakar, lors de la Conférence mondiale sur l’Education. Le Brésil s’était engagé à réduire l’analphabétisme à 6,7% d’ici 2015, afin de souscrire aux objectifs du millénaire des Nations Unies. 7 ans plus tard, en 2007, un recensement national fait état de 14 millions d’analphabètes dans le pays, soit 10% de la population adulte. Entre 2006 et 2007, la réduction n’a été que de 07% et 04%. Un progrès à pas de tortue, donc. L’engagement pris pour 2015 ne pourra sans doute pas être respecté, faute de moyens et de personnel pour mettre en place ce gigantesque effort.

La lutte contre l’analphabétisme est du ressort des municipalités, dans le cadre du programme « Brésil Alphabétisation » du Ministère de l’Education, qui reconnaît l’échec : « il est difficile de former des moniteurs, mais aussi de mobiliser les analphabètes, qui se sentent victimes de préjugés et tendent à cacher leur handicap plutôt qu’à le résoudre ». (Source :  collectif des ONG’s « 3° secteur »)

5.2bateauscolaireDes bateaux-bus scolaires 

Aller à l’école, quand on habite au bord d’un iguarapé*, ce n’est pas simple. D’abord il y a l’attrait des jeux dans l’eau, ensuite, le manque de transport jusqu’à la prochaine école. A défaut de bus scolaire, le Gouvernement Fédéral investit dans les bateaux de ramassage. Le Fond National pour le Développement de l’Education va consacrer 100 millions de R$ (55 millions de CHF / 35 millions d’euros) à la construction de 3.300 de ces bateaux qui seront utilisés principalement en Amazonie. Faute d’entreprises privées intéressées, ce sera l’armée qui se chargera de la commande.

L’action s’inscrit dans la campagne « des chemins pour l’école », un programme parallèle à la Bourse Famille qui subventionne les familles dans l’extrême pauvreté, à condition qu’elles envoient leurs enfants à l’école et les fassent vacciner. (Source Gazeta Mercantil)

*Les iguarapés sont des bras de rivière, généralement en cul de sac, qui forment un réseau inextricables de canaux et le long desquels sont construit les villages amazoniens.

5.3Igarape3Certificat de naissance, la galère en Amazonie 

Le luxe, quand on habite dans la forêt amazonienne, ce n’est pas la télévision, présente en général dans la plupart des familles. Le luxe, c’est d’avoir… un certificat de naissance! Dans l’Etat du Roraima par exemple, 4 bébés sur 10 arrivent à l’âge d’un an sans que leur venue au monde ait été enregistrée officiellement. Sur l’ensemble du bassin amazonien, 17% des enfants n’ont pas de certificat de naissance. Sans ce document, ils ne peuvent obtenir ni carte d’identité, ni titre d’électeur, ils ne peuvent pas s’inscrire à l’école ni bénéficier de l’aide des programmes sociaux du gouvernement comme la bourse-famille.

Ce qui complique cette démarche, – qui devrait être gratuite d’après la Constitution -, ce sont bien sûr les distances à parcourir jusqu’au plus proche office notarial. Du coup, certains intermédiaires bien placés n’hésitent pas à offrir leurs services pour que les gens puissent se mettre en règle avec l’administration. Contre rémunération, bien sûr. La situation est encore plus grave dans les réserves indigènes où l’ensregistrement des naissance n’est pas obligatoire.

Le Président Lula a lancé au début du mois de mai à Manaus une campagne de mobilisation nationale sur ce thème. L’objectif est de ramener à 5% d’ici la fin de l’année prochaine, le taux d’enfants non pourvu de certificat de naissance dans tout le Brésil. (Source Globo)

favelaAvocats publics dans les favelas de Belo Horizonte

Le « défenseur public » est une institution au Brésil. Ce sont des avocats, désignés d’office, qui vont consacrer une partie de leur parcours professionnel à défendre les  plaignants sans ressource. L’appui juridique apporté par le défendseur public est gratuit et intégral, quelque soit la durée de la procédure, les frais sont pris en charge par l’Etat. Ce système a été introduit dans les années 1930, par Getulio Vargas.

Le problème, c’est que pour bénéficier de ce service, il faut se rendre… dans les locaux du Tribunal, ce qui n’est pas à la portée de tout le monde. Il faut en effet montrer patte blanche pour pénétrer dans ces temples du droit, donc posséder une carte d’identité valable et un certificat de résidence. Nombre d’habitants des favelas ne sont pas en possession de ces documents, ils renoncent à se rendre au tribunal par crainte d’être refoulé d’office.

D’où l’idée lancée par la « Maison de la Citoyenneté » de Belo Horizonte, de modifier la Constitution brésilienne de telle sorte que les défenseurs publiques agissent « il loco », c’est à dire depuis lieu de résidence des plaignants. Une réformette banale, qui risque de déclancher la révolution au Palais de Justice. Car si les avocats veulent bien consacrer un peu de leur temps à défendre des personnes sans ressource, ce n’est pas dit qu’ils acceptent d’aller le faire au sommet d’une favela dont l’accès n’est pas toujours sans risque ! (Source :  collectif des ONG’s « 3° secteur »)

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