LA vague des surfistes

LA vague des surfistes

 

Parler de la Pororoca dans l’Amapa, au nord de l’Amazonie, c’est déclencher la panique. Cette vague qui s’engouffre dans le fleuve Araguari arrache en effet tout sur son passage. 

Mais dans la tribu des surfistes, dites Pororoca  et les yeux se mettent à briller. Car c’est LA vague pour les passionnés…

« Rien, pas un bruit, pas un souffle, l’eau couleur marron brille presque immobile à l’embouchure de l’Araguari en cette fin d’après-midi. D’un coup, un grondement monstrueux, une rafale de vent violent et la vague. Enorme. Elle déferle à une vitesse hallucinante. Tout part avec, la terre, les arbres, les racines. Surfer là-dedans ? L’horreur». C’est la première fois que Trekinho vient tâter de la Pororoca. Là il est seulement en observation. L’épreuve, la vraie, ce sera pour demain. Il ne se lance pas seul. 3 collègues sont avec lui, tous des experts de la vague.

L’épreuve de vérité

Le lendemain matin, Trekinho embarque sur un jet-ski, direction la vague. « Au début, c’était la panique, j’avais jamais vu une vague pareille en face de moi. Mais dès que je me suis retrouvé debout, je suis entré en transe. » Ils sont de plus en plus nombreux, ces surfistes de l’extrême qui tente l’aventure de la pororoca. Plusieurs agences de voyage spécialisées la proposent maintenant dans leur catalogue.

Mais le voyage n’est pas de tout repos :  Depuis Rio de Janeiro, ce sont 4 heures d’avion, 6 heures de bus et 12 heures de bateau. Sur place, camping précaire. « La pororoca, n’est pas pour les débutants, explique Laus, un des organisateurs. Elle est difficile à surfer et il y a toujours des surprises. On risque d’être violemment rejeté contre les bords du fleuve et de se faire très mal. Par moment, la vitesse de la pororoca peut atteinde 40km/h. »

Inversion des courants

Ce phénomène se produit à l’embouchure du Rio Araguari lors de la saison des pluies, entre janvier et mai  et en septembre. Chaque fois que la pleine lune se combine à de hautes marées, le courant s’inverse et au lieu que la rivière se déverse dans l’Atlantique, la mer pénètre avec force dans le lit du fleuve. La vague se forme matin et soir et peut remonter de 50km à l’intérieur des terres.

Considérée depuis la nuit des temps comme une sorte de tsunami par les riverains, la pororoca est en train de devenir une source de revenu pour ces agriculteurs et ces pêcheurs qui vivent à l’écart du monde. Grâce à la mode du surf de l’extrême, la jeune génération locale apprend avec les champions qui débarquent, de nouveaux talents naissent, des vocations de guide se construisent, l’endroit devient une pépinière de futurs champions. Peu à peu, les riverains de  Araguari apprennent à maîtriser la fureur des eaux. (JJF avec Revista Globo et les agences)

Pour sufer en image sur la pororoca : http://www.youtube.com/watch?v=7a_2g6uTDb0&feature=related

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