sao-paulo_280_469393aRouler à l’alcool-carburant, c’est rouler à de l’énergie renouvelable, mais c’est encore réduire de 73% ses émissions de CO2 par rapport à l’essence. Ce constat est issu d’une étude de l’EMBRAPA, l’institut d’études agricoles appliquées. Voilà qui va donner des arguments au Brésil dans l’offensive qu’elle mène actuellement pour la  promotion de la filière alcool –carburant en direction des pays africains. 

4 chercheurs de l’EMBRAPA ont comparé les émissions de gaz à effet de serre de l’alcool-carburant et de l’essence. Le résultat est sans appel : rouler à l’alcool, c’est émettre 73% de CO2 en moins au km que rouler à l’essence! La démarche prend en compte l’ensemble de la filière de production de chacun des 2 carburants.

Un calcul qui porte sur l’ensemble de la filière.

« Pour la canne, on a calculé la quantité de gaz produite de la préparation du sol à l’arrivée de l’éthanol à la station-service, en analysant toutes les étapes : plantation, traitements pendant la croissance, brûlage et récolte, distillation, transport », explique Segundo Urquiaga, qui mène des recherches sur la filière de la canne à sucre depuis 1995,. Même approche pour l’essence, les scientifiques ont mesuré les émissions de CO2, de l’extraction à la statio – service. 2 véhicules ont ensuite parcouru 100km chacun, l’un avec de l’alcool, l’autre de l’essence, ce qui a permis de comparer les rejets de gaz sur route.

Résultat, 4,42 tonnes de CO2 générées par l’éthanol carburant d’un hectare de canne, 16 tonnes émises par l’équivalent pétrole, en calculant que la production d’un hectare de canne équivaut à 4.500 litres d’essence. L’alcool permet d’économiser 12 tonnes de gaz à effet de serre, soit 73%. « Et si en plus, on renonce à brûler la canne avant récolte*, la rbaisse est encore plus spectaculaire, affirme Segundo Urquiaga, 82% » !

Un argument pour exporter une technologie du renouvelable.

Ces conclusions tombent bien. Le Brésil lance en effet une grande offensive en direction des pays africains pour promouvoir la production des biocombustibles. 2 objectifs : commercialiser la technologie brésilienne de la filière canne, et multiplier le nombre des pays producteurs afin de faire entrer l’alcool – carburant dans la catégorie des « commodities », cotées en bourse sur le marché mondial, au même titre que le pétrole, le fer, le café ou le soja.

Actuellement, 29 projets brésiliens sont en cours d’étude ou de réalisation dans 10 pays africains dépourvu de ressources pétrolières propres. « Cela permettra à ces pays de mettre en place une filière de diversification énergétique », explique Rodrigo Azeredo, haut fonctionnaire au Ministère des Affaires Extérieures.

Il est chargé de mettre sur pied une ligne de crédit à l’exportation pour aider les entreprises brésiliennes à vendre des machines et équipements de la filière alcool en Afrique. « Nous avons déjà mis au point un modèle qui fonctionne bien avec le Ghana. On aimerait l’étendre à d’autres pays. » (JJF avec O Globo et Gazeta Mercantil)

*Pour récolter la canne à sucre à la main (procédure la plus rependue au Brésil), il faut préalablement brûler les fanes afin de pouvoir atteindre la tige et la couper. La récolte mécanique évite ce brûlage, mais elle est encore peu répandue car nettement plus coûteuse. Les syndicats résistent, par crainte des pertes d’emploi chez les coupeurs saisonniers. D’un autre côté, la coupe mécanique contribuerait à réduire les pratiques du travail – esclave, très fréquentes durant la récolte de la canne à sucre.

Pour ceux qui veulent approfondir le sujet des effets de la monoculture de la canne à sucre et des conditions de travail dans ce secteur au Brésil, voici 2 articles que j’ai écrit sur ce sujet pour le quotidien suisse La Liberté.texte ethanol

texte ethanol : Brésil, la bataille de l’énergie propre, mai 2007

LI-04-06-GP-10 : Brésil, les terres fertiles de l’espoir

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