brasil-reserva-raposa-serra-do-sol3Nouvelle réserve indienne ; Le coup d’Etat de 1964, 45 ans après ; Vie de chien et téléphone portable ; L‘adieu aux garçons d’ascenseur.

Réserve indienne ou nation indienne ?

Il a fallu 2 ans pour y arriver, mais le Tribunal Suprême a finalement entériné la décision de faire de Raposa Serra do Sol dans le Roraima, une réserve indigène d’un seul tenant. 1,7 millions d’hectares, situés juste à la frontière avec le Venezuela, vont donc devenir propriété intégrale des 18.000 indiens qui y vivent. 6 grands planteurs de riz, non indigènes, sont sommés d’abandonner leurs exploitations et de partir. Ils ont farouchement résisté pendant des années.

C’est un tournant dans la politique indigéniste du pays et une grande victoire pour les indiens qui ont toujours considéré la politique de délimitation de leurs réserves en petites zones indépendantes les unes des autres, appliquée jusqu’à présent, comme un obstacle au maintien de leur mode de vie.

Mais la sentence du Tribunal Suprême est vivement critiquée par l’armée qui craint la constitution d’une nation indigène indépendant dans cette région frontalière. D’autres voix font chorus. Au nom de l’unité nationale, Denis Rosenfield, professeur de philosophie à Porto Alegre (Rio Grande do Sul) lance: « Le Brésil n’est pas une communauté de nations. C’est une entité fédérative dans laquelle le gouvernement central doit pouvoir exercer son autorité sur l’ensemble des régions ». Malgré ces critiques, la démarcation de Raposa Serra do Sol en un seul tenant devrait faire jurisprudence. (JJF avec O Globo et O Estado de Sao Paulo).

Carte de la région concernée :

http://www.estadao.com.br/especiais/a-disputa-pela-raposa-serra-do-sol,17895.htm

45 ans après le coup d’Etat, la dictature n’est pas tout à fait oubliée.

C’était le 31 mars 1964, l’armée renversait le gouvernement légitime du Brésil. Pendant 21 ans, les militaires n’allaient plus lâcher le pouvoir. De (mauvais) vieux souvenirs ? Il est vrai que depuis 1985, le Brésil vit la plus longue période démocratique de son histoire. Tous cependant ne se résignent pas à oublier.  Car le Brésil, contrairement à ses voisins, n’a pas procédé à un travail de mémoire pour exorciser cette sombre période. L’amnistie décrétée en 1979 vaut tant pour les opposants à la dictature que pour les ceux qui ont pratiqué la torture et l’arbitraire.

Récemment, un tribunal italien a relancé le débat en portant plainte contre plusieurs anciens responsables militaires accusés d’avoir torturé et fait disparaître des opposants. Ce 31 mars 2009, des descendants des victimes ont manifesté pour que justice soit faite. Ils n’étaient qu’une poignée. Pour le reste de la population, l’anniversaire, très discrètement évoqué officiellement d’ailleurs, est passé inaperçu. Il est vrai que la majorité de la population brésilienne est jeune et n’a pas ou peu connu le joug de la dictature. (JJF avec SRZD)

Courts-métrages, favela Santa Marta

Un dimanche pas comme les autres, dans la communauté du Morro Santa Marta à Rio de Janeiro: mi-mars, les habitants ont découvert la production filmographique des élèves du projet « courts-métrages à Santa Marta ». Une succession de petits films réalisés dans le quartier, par les habitants eux-mêmes, au moyen de leur téléphone portable. La consigne était de sortir dans la rue avec une idée et de filmer, explique l’auteur du projet. Résultat : une multitude de petits portraits au quotidien. Dont celui de Boris, un chien rottweiler mascotte de la communauté, qui a fait un  tabac. En 3 minutes « Vida de cao » narre la favela au jour le jour, à travers l’œil de la caméra qui devient le regard du chien. « Boris a beaucoup d’histoire à raconter !» commente l’auteur du film. (Source :  collectif des ONG’s « 3° secteur »)

Vidéos du projet : http://www.youtube.com/watch?v=7IuOs_HF1Dk

http://curtafavela.blogspot.com/2009/03/curta-favela-santa-marta.html

La fin des garçons d’ascenseur…

Au Brésil : le groom (ou son équivalent féminin) est incontournable dans tous les ascenseurs des gratte-ciels administratifs et commerciaux. Une loi fait obligation à ce genre d’édifices de prévoir du personnel pour manipuler monte-charges et monte-personnes. Avec la modernisation des ascenseurs, la profession s’est réduite à la fonction de presse-bouton.

L’assemblée législative de Rio de Janeiro a finalement qu’on pouvait révoquer cette obligation obsolète. Mais il a fallu 3 ans de débats interminables pour que les élus acceptent de faire ce pas. Attention. Comme quoi, dans ce pays qui se vante d’avoir un futur, mais pas de passé, les traditions ont la vie dure ! Et attention, cette réforme ne vaut que pour l’Etat de Rio de Janeiro. Ailleurs au Brésil, le garçon d’ascenseur reste obligatoire. (Source :  O Globo)

 

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