oitnavy3Bourse – famille distinguée par l’OIT ; Territoires citoyens ; Crise financière dans les communes ; Le travail esclave, encore. Bourse – famille : l’aval de l’Organisation Internationale du Travail.

L’OIT a présenté mi-mars à Genève, une vaste étude sur les effets de la Bourse – famille au Brésil, le plus vaste programme au monde de redistribution de la richesse. 25% de la réduction de l’extrême pauvreté dans le pays, ces 5 dernières années est conséquence de ce programme. L’OIT considère le modèle brésilien « un exemple brillant de la manière dont on peut réaliser une action massive d’insertion sociale en peu de temps et à faible coût ».

L’argument, souvent avancé, que ce type d’assistance découragerait l’initiative individuelle est aussi mis en pièces par les chiffres: l’emploi chez les femmes bénéficiant des subsides de la bourse – famille est 4,3% plus élevé que chez celles qui n’y ont pas droit.

L’expérience n’est cependant pas exportable partout. Pour qu’elle réussisse, il faut des structures qui fonctionnent dans la santé et dans l’éducation. * « Ce qui manque le plus dans les pays les plus pauvres qui ont besoin de ce type de programme », admet l’OIT. (Source :  collectif des ONG’s « 3° secteur »)

*Note : l’octroi des subsides de la bourse-famille est conditionné au fait que les enfants fréquentent l’école et participent aux campagnes officielles de vaccination.

Territoires citoyens

Lancé l’an dernier, le programme « Territoires citoyens » va doubler de taille en 2009. Il est destiné aux zones rurales et vise à promouvoir le progrès économique combiné à la mise en place « d’équipements de bases nécessaires à l’exercice de la citoyenneté dans les communautés qui en ont le plus besoin. » Entendez, l’eau potable, l’électricité, des soins de santé primaire, des écoles, …»

 

Les chantiers sont financés par le gouvernement fédéral et réalisés en partenariat avec la population et les autorités locales. En 2008, 180 actions ont été lancées dans 60 « Territoires », pour un montant de 9 milliards de R$ (3 milliards d’euros). 60 nouveaux « territoires »vont être incorporés au programme cette année. Le renforcement du sentiment associatif un des points forts de ce programme estime le maire Juazeiro (BA), Isaac Cavalcante :

« Territoires citoyens stimule l’initiative des petits producteurs. Ce sont des gens d’ici, qui veulent rester ici. S’ils émigrent vers les grandes villes, c’est par nécessité, pas par envie. Avec ce programme, les autorités apportent une solution concrète à leur problème. » (Sources : collectif des ONG’s « 3° secteur », IBASE)

Crise dans les communes :

La baisse des recettes fiscales, conséquence de la crise économique fait plonger les budgets des communes dans les chiffres rouges. L’Etat Central a en effet redistribué 6,5% de moins des impôts récoltés entre janvier et mars 2009 aux municipalités qu’entre janvier et mars 2008. Cela affecte particulièrement les petites villes, très dépendantes de ces financements fédéraux. Dans le Tocantins et le Roraima, par exemple, ils couvrent 40% des budgets municipaux, alors que dans l’Etat de Rio de Janeiro ou à Sao Paulo, cela représentent moins de 10%.

Les maires et préfets lancent donc un cri d’alarme sous forme de menace: si rien ne change, ils se croiseront les bras pendant la campagne électorale de 2010. Ce serait un rude coup pour la candidate pressentie à la succession de Lula, Dilma Roussef, elle qui est justement en charge actuellement de la répartition de la manne fiscale. C’est en effet dans les communes, grâce à l’engagement des élus locaux connus des électeurs, que se fait la pêche aux voix. Surtout au Nord-Est encore massivement favorable à Lula.  Le Gouvernement a promis de revoir la chose. (Source : O Globo)

 20 ans d’esclavage

Je vous parlais dans Vision Brésil n° 2 du Pacte National pour l’éradication du travail – esclave, dont la seconde convention s’est tenue en février à Sao Paulo, dans le doute général. Doute justifié. 6 ouvriers agricoles victimes d’esclavage viennent d’être découverts dans une ferme à bétail de l’Etat d’Espirito Santo,: pas de repos dominical, une mauvaise nourriture comme seul salaire et de l’alcool à volonté, fourni par le propriétaire pour renforcer la dépendance. Parmi eux, un homme de 55 ans, qui subissait ce traitement depuis… 20 ans ! 

Par ailleurs, des recoupements entre les dossiers du Ministère du Travail et ceux de la Banque Nationale de Développement Economique et Social (BNDES), ont montré que la BNDES a octroyé 1,1 milliards de R$ (3,8 milliards d’euros) de subsides à 3 usines sucrières de l’Etat de Goias, condamnées pour pratique du travail – esclave. La BNDES est le principal organisme gouvernemental de prêts aux entreprises et de financement de grands projets d’infrastructure. (Source : Reporter Brasil)

 

 

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