breves-environPoulets et poissons au petits soins, éoliennes peu attractives, bio-diesel social, indiens on-line… 

Poulet-poisson, équation douce…

 L’élevage des poulets en batterie, c’est bientôt fini au Brésil. De nouvelles normes devraient voir le jour l’an prochain, alignées sur celles de l’Union Européenne. Sous la pression des importateurs du Vieux-Continent, principal débouché pour la volaille brésilienne, l’espace individuel dans lequel croît le poulet va être augmenté et la diététique de sa diète quotidienne améliorée.

Les poissons pourront aussi respirer plus librement, si les recherches de l’Université Fédérale du Rio Grande du Sud aboutissent. On y teste des algues riches en protéines capables de remplacer la farine de poisson dans l’alimentation des espèces nobles comme le saumon et la truite. La farine de poisson est très prédatrice, puisqu’il faut 4kg de poisson de peu de valeur comme la sardine ou l’anchois pour en produire 1 kg. Et pour obtenir 1kg de saumon, 2kg de farine sont nécessaires. Les algues, elles poussent toutes seules.

 Des éoliennes sans souffle…

 Ce n’est pas à cause du manque que le marché des éoliennes ne décolle pas au Brésil, mais à cause des exigences légales. Il faut en effet 70% de capital national pour créer une entreprise dans ce secteur, comme dans l’ensemble de l’industrie mécanique. Cela décourage les entreprises étrangères, et le niveau technologique ne progresse pas. Pour l’association nationale des consommateurs d’électricité, l’indice devrait être idéalement abaissé à 40% afin que les constructeurs étrangers soient stimués à investir sur marché brésilien. Actuellement, l’énergie éolienne représente 0,36% de la production d’électricité, contre 70% pour l’énergie hydraulique.

 Biodiesel social : échec d’une belle idée

 Sur le papier, c’était parfaite : le gouvernement allait aider 200.000 petits paysans à cultiver des plantes grasses pour alimenter les usines de production de bio-diesel. D’une pierre deux coup : stimuler l’agriculture familiale et développer la sélection des plantes adaptées à ce type de culture. Le programme a été lancé en 2005, mais seules 87.000 agriculteurs y participent aujourd’hui. Le gouvernement admet que les choses ont été mal préparées : les oléagineux plantés se sont révélés peu productifs et leur transformation en carburant trop coûteuse. Résultat, 97% du bio-diesel produit au Brésil provient du soja ou de la graisse animale. Les plantes grasses du programme « bio-diesel social » alimentent, elles, le bétail !

 Indiens on-line

 L’aventure a démarré en 2004 : 7 nations indigènes du Nord-Est, les Pankararu, Xucuru-Kariri, Kariri-Xocó, Tumbalalá, Kiriri, Tupinambá e Pataxó Hahahae, mettent en réseau, via satellite, 7 ordinateurs qu’ils ont reçu en cadeau d’une ONG. Un par village. Le premier « chat » indigène du Brésil est né: des peuples indiens, qui ne se rencontraient pas, commençaient à dialoguer via internet. Le réseau s’appelle  aujourd’hui, « Arc Digital », il a fait son chemin et gagné la forêt amazonienne. Plusieurs dizaines de nations indigènes utilisent  maintenant la toile pour échanger leurs expériences, mettre en commun leurs revendications ou faire revivre leurs traditions. Arc Digital prépare la 3ème rencontre du réseau indien on line qui aura lieu en septembre à Bélem.

 Menace sur les langues indigènes

 C’est l’UNESCO qui lance le cri d’alarme : dans la 3ème édition de son « Atlas des langues en danger » (la première édition date de 2001), elle révèle que  2.500 des 6.700 langues parlées dans le monde sont menacées. C’est 37% du patrimoine linguistique de l’humanité ! Parmi ces idiomes en voie de disparition, 190 risquent de mourir rien qu’au Brésil. Surtout en Amazonie. L’UNESCO recommande des politiques d’enseignement systématique des langues maternelles minoritaires à l’école primaire, pour lutter contre cette érosion culturelle, mais elle reconnaît que la recette ne vaut pas nécessairement pour les parlers indiens des peuples de la forêt isolés ou en voie d’extinction. Faute d’alternative, il est hélas fort probable qu’une bonne partie de ces idiomes soient de fait déjà condamnés.

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