breves-eco1Invasion française à Rio de Janeiro, entreprises à la hausse et à la baisse: Société générale, Holcim, Nestlé, Embraer, modèle brésilien?travail esclave…

Invasion française

 

« Paris je t’adore, mais j’aime encore plus Copacabana » ! On doit la phrase à un designer parisien installé depuis 3 ans à Rio de Janeiro  et elle pourrait servir d’emblème à l’année de la France au Brésil dont les festivités débutent le 21 avril prochain. Ils sont en effet de plus en plus nombreux, ces « pariocas », (contraction de parisiens et cariocas – habitants de Rio de Janeiro) qui viennent vivre au pays de la Bossa Nova. Ils ont la trentaine, sont architectes, couturiers, coiffeurs, cuisiniers ou artistes et ils ont choisi Rio pour faire carrière. Souvent avec succès. En 2008, le Consulat de France a enregistré 1219 nouveaux résidents.

A propos, 2009, c’est aussi le 444ème anniversaire de la fondation de la ville, par les portugais, après qu’ils eurent expulsés de Rio de Janeiro le dernier carré français de l’utopique France Antarctique ! Retour d’histoire…

 

 

Entreprises à la hausse: Société Générale, Nestlé, Holcim. A la baisse : Embraer

 

 La Société Générale, voit peu de perspectives de croissance sauf au Brésil. + 10 à 15% en 2009. Surtout active dans des projets d’infrastructure, la Société Générale a pour clients Pétrobas, le métro de Sao Paulo et elle va participer au financement d’un contrat d’achat militaire à la France de 50 hélicoptères et 4 sous-marins pour un montant de 6 milliards d’euros.

 

 Nestlé-Brésil ne sent pas la crise. Après avoir triplé la capacité de production de son usine de Feira de Santana dans la Bahia l’an dernier, la multinationale va encore la doubler en 2009, pour atteindre 240.000 tonnes de farines lactées, céréales et café soluble. D’autre part, la marque « Nescafé Dolce » sera lancée cette année au Brésil, en partenariat avec le français SEB, qui fournit les machines. Chiffre d’affaire attendu : 200 millions de réais (70 millions d’euros).

 

 Chute du bénéfice, fermeture d’usines aux Etats-Unis et en Europe, Holcim, seconde cimenterie du monde ne se porte pas bien. Seule exception pour la multinationale suisse, les pays en développement qui prennent de l’importance dans le groupe : 50,8% à la recette totale en 2008. Le chiffre d’affaire « Amérique latine » a été de 4,2 milliards sur un total de 25 milliards de francs suisses, en augmentation de 4%.

 

 Embraer, 4ème fabricant mondial d’avions commerciaux annonce 4200 suppressions d’emploi, à la veille du carnaval. Et on apprend le lendemain la signature d’un contrat entre l’Aéronautique et la filiale française Embraer Aviation International à Villepinte, près de Paris, pour la révision de 43 avions AMX des Forces Armées Brésiliennes. A la clé 147 millions de US$. Le syndicat de la métallurgie hurle à la trahison et dénonce « cette délocalisation à l’envers ». Les 4.200 licenciements ont été provisoirement gelés par décision de la Justice du Travail.

 

 

 Modèle Brésil ?

 Là où les défauts deviennent des qualité, ou comment « The Economist » fervent défenseur du libéralisme loue la politique interventionniste de l’Etat brésilien dans l’économie. « Parfaitement adaptée à la crise du moment et appliquée maintenant par d’autres dont les Etats-Unis». Sauf que là-bas, on en fait pas, comme ici une recette pour le long terme. Y aurait-il alors un « modèle brésilien », sorte de voie médiane entre le libre commerce pur et l’étatisme à outrance, s’interroge The Economist ? Interrogation reprise à la télévision hollandaise, lors d’un débat sur « The Next Super Model ». 

 

Le volontarisme des autorités brésiliennes dans le domaine des bio-combustibles a abondamment été cité et l’un des invités, Marcelo Néri, chercheur à la Fondation Gétulio Vargas de Rio de Janeiro a défendu avec conviction cette voie « ni vraiment étatique, ni vraiment libérale, qui combine des programme sociaux respectant les règles du marché avec un gouvernement gourmant en impôts, mais généreux en subsides ». Il a été chaleureusement applaudi mais les autres invités n’ont pas manqué de rappeler aussi que, quelque soit le modèle du futur, le monde ne sortira pas de la crise tant que les Etats Unis, première puissance économique mondiale, n’auront pas reformulé leur propre stratégie. (d’après Merival Pereira, éditorialiste à O Globo)

 

Lutte contre le travail-esclave

 27 personnes condamnées d’un coup à des peines allant de 3 à 10 ans de prison pour avoir recouru au travail-esclave, la sentence prononcée par le Tribunal Fédéral de Maraba (Para) est inédite par son ampleur. Le message est clair, il faut accélérer la lutte contre le travail-esclave dans le Para, Etat champion des relaxes lors de procès de ce type. Parmi les condamnés, un gros fermier qui employait sur son domaine 23 personnes à la fabrication de charbon de bois, dans des conditions particulièrement dégradantes. Le charbon était vendu à une grande entreprise régionale, la Compagnie Sidérurgique du Para.

 

Un jugement qui tombe à pic à la veille de l’ouverture à Sao Paulo, du 2º Séminaire du Pacte National pour l’éradication du travail-esclave. Signé par145 entreprises et ratifié par l’OIT, ce pacte a actuellement tellement peu d’effets pratiques que la représentante de l’OIT au Brésil lance un sérieux avertissement : si les entreprises signataires ne font pas un effort sérieux pour couper leurs relations avec des fournisseurs ou des clients qui pratiquent le travail-esclave, le pacte perdra toute sa crédibilité. Pour en savoir plus : http://www.reporterbrasil.com.br/      

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