social2Salaire minimum, château hanté, travail esclave, classe politique, impunité

Les augmentations sociales du début de l’année…

Malgré les soucis que la crise internationale provoque pour l’état des finances publiques le gouvernement a décidé d’augmenter 2 des indicateurs qui ont le plus d’effet sur le revenu des plus pauvres. Ainsi, le salaire minimum passe de 415 à 465R$ par mois (150 euros). 42 millions de personnes sont concernée par cette hausse, 25 millions de salariés du secteur formel et informel et 17 millions de retraités. Et puis le revenu minimum permettant bénéficier des subsides de la « bourse famille » a lui aussi été augmenté, il passe de 120 à 137R$. Avec ce changement, plus d’1,8 millions de familles supplémentaires pourront recevoir cette aide gouvernementale qui se monte à 62 R$ par mois (20 euros) plus 20 R$ par enfant de moins de 15 ans et 30 R$ pour les adolescents de 15 à 17 ans.

Le gouvernement calcule que ces 2 augmentations permettront d’injecter 23 milliards de R$ (7 milliards d’euros) supplémentaires dans l’économie grâce aux nouveaux consommateurs que ces subsides vont faire apparaître sur le marché intérieur. « Quand on augmente le minimum, on crée toute une chaîne de production, d’amélioration des conditions de vie et d’encouragement à la consommation » a déclaré le ministre de l’emploi Carlos Lupi en commentant ces mesures. (Sources : Estado de Sao Paulo et collectif des ONG « 3° secteur »)

Château des mauvais rêves…

36 chambres avec douche, 3 piscine, une cascade et un air de château de la Loire, c’est Monalisa, un hôtel jamais achevé construit par le député fédéral Edmar Moreira, ancien policier devenu patron de 2 entreprises de sécurité aujourd’hui en faillite. Valeur, 20 millions de R$ (7 millions d’euros). Problème, Edmar Moreira est l’objet de 5674 plaintes pour non payement des cotisations sociales et licenciements abusifs de ses employés. Sommé de démissionner, Edmar Moreira se défend en affirmant qu’il a donné son château à ses fils, il ne possède donc plus rien. La veille, il avait publiquement déclaré qu’il est difficile, pour les parlementaires, de juger des activités de leurs paires, car « nous sommes tous atteints du vice irrépressible de l’amitié ». (JJF) 

monalisa

13 travailleurs esclaves libérés dans le Maranhão (Nord-Est du Brésil)

Le groupe mobile de contrôle et de combat contre l’esclavage du gouvernement a mis fin à l’esclavage 13 employés d’une exploitation d’élevage de la région de Cocais dans le Maranhão (Nord-Est du Brésil). Parmi eux, 2 femmes, dont une avec un enfant de 4 ans. Tous vivaient dans une étable et partageaient leur espace de vie avec les animaux. Selon leurs témoignages, ils recevaient pour toute nourriture un peu de café noir et de la farine séchée le matin, du riz et des haricots noirs en petite quantité à midi et rien le soir, le tout décompté de leur salaire. Tous étaient endettés auprès du patron de l’exploitation qui leur avait « avancé » l’argent du voyage pour rejoindre Cocais. (Source: SRZD)

Vote pour moi, pas pour mon parti…

Les élections municipales d’octobre dernier ont confirmé une pratique brésilienne profondément ancrée dans la vie politique du pays : se faire élire sur sa personne et non sur sa politique. Ainsi, le nouveau Conseil municipal de Rio de Janeiro compte 43% de députés nouvellement élus, mais aucune majorité significative : les 52 parlementaires qui compose la Chambre appartiennent à… 21 partis différents ! En général des groupuscules sans existence politique notable. Et plusieurs d’entre eux sont sous enquête judiciaire pour corruption ou détournement de fonds publics. Il faut dire que la loi n’aide pas les citoyens à nettoyer ces écuries d’Augias, chaque électeur ne peut en effet voter que pour un seul candidat. Il n’a donc pas le droit de choisir une liste de parti complète. (Source : Paulo Pinheiro, député PPS, Rio de Janeiro).

Séquelles du régime militaire : au Brésil, torturer n’était pas un crime contre l’humanité.

Il a fallu 2 mois pour que le gouvernement se prononce. 2 mois d’intenses disputes entre ministres, souvent écartelés entre leur sensibilité et leurs responsabilités politiques. Mais au bout du compte les autorités ont tranché : ceux qui ont pratiqué la torture durant le régime militaire peuvent bénéficier de la loi d’amnistie décrétée en 1979, au même titre que les militants de gauche bannis et expulsés du pays pour activité subversive. Une décision qui scandalise les associations de défense des droits de l’homme et les ministres Tarso Genro, de la Justice, et Paulo Vanucci (Droits de l’homme), mais représente une victoire pour le ministre de la défense Nelson Jobim, lequel défendait l’idée que « la loi d’amnistie est la même pour tous au nom de la réconciliation nationale », afin d’éviter des crispations parmi les hauts militaires qui sont sous ses ordres. Détail picant : les 3 hommes ont en commun un passé de militants anti-dictature ! (Source : Globo, : collectif des ONG « 3° secteur »)

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