montadoras2Que peut faire le Brésil face à la crise ? Longtemps, les autorités ont voulu nié la déroute financière. En octobre, le Président Lula la qualifiait de « marée de petite amplitude ». Il faut dire que la croissance du PIB était alors supérieure à 6%. Un mois plus tard, c’était pour Brasilia, une affaire américano-américaine, de la compétence de Washington. Et fin janvier, le ministre de l’Economie Guido Mantega prétendait encore que le pays allait croître de 4% en 2009. Des espoirs maintenant partis en fumée. Compilation et adaptation : Jean-Jacques Fontaine

En février, c’est la douche froide. Les résultats de l’industrie pour décembre tombent, moins 12,4%, la pire chute depuis 1991. Et le chiffre des exportations de janvier est à l’unisson : moins 22% par rapport à janvier 2008. La « petite marée » est devenue tsunami, il faut prendre des mesures rapides car les analystes sont unanimes à considérer que si les correctifs sont apportés tout de suite, le Produit intérieur brut connaîtra encore une légère croissance cette année (entre 1,2 et 2,8%). Dans le cas contraire, le Brésil pourrait s’enfoncer dans une récession longue et profonde.

Mais par où affronter le problème ? Comme dans les autres pays, il n’y a pas de recette miracle et chacun y va de son point de vue. Petit florilège… non exhaustif.

Trucs et astuces pour contourner la crise 1…

L’économie brésilienne est certes dépendante de ses exportations agricoles et minières, mais les analystes peinent encore à mesurer les effets du ralentissement dans ce domaine. Par contre, le fléchissement du marché intérieur est bien réel et le gouvernement concentre son action sur ce secteur pour stimuler la relance. Parmi d’autres mesures, une subvention aux consommateurs qui veulent s’offrir un nouveau frigo. Et ce n’est pas un gadget ! 10 millions de frigos vont être remplacés dans les 10 prochaines années, des appareils anciens, gourmands en énergie et qui fonctionnent au polluant gaz CFC. Bon pour l’environnement, bon pour économiser l’électricité, bon pour relancer l’industrie électro domestique nationale et bon pour le porte-monnaie du consommateur ! (Source : Globo)

Trucs et astuces pour contourner la crise 2…

La mesure sans doute la plus spectaculaire, c’est le retour au troc sur le marché international : le gouvernement vient de passer un accord avec la Russie pour échanger de la viande de porc brésilienne contre du blé russe. Une manière de combattre la hausse du prix du pain, et, dit-on au Ministère de l’Agriculture, « de s’adapter à la nouvelle géographie du commerce mondial ». Le Brésil avait déjà pratiqué le troc pendant les années 1980, des années qui rappellent de mauvais souvenirs : inflation galopante et stagnation du PIB. Heureusement, depuis cette époque, l’économie brésilienne est devenue plus compétitive, ces fantômes d’un sombre passé ne devraient pas réapparaître, même avec la reprise de l’économie de troc … (Source : Gazeta Mercantil)

Moins d’impôts, plus de subsides…

Le retournement de tendance est brutal : durant les 9 premiers mois de 2008, notre économie était en croissance de 6,1%, nettement plus que pour toute l’année 2007. Tout cela est parti en fumée entre octobre et décembre et nous voilà revenus à la moyenne enregistrée en 2004. Cela nous prépare une année 2009 particulièrement difficile, il n’y aura pas ou peu de nouveaux investissements.

Pour faire face à ce tsunami économique, gouvernement, entrepreneurs et travailleurs sont condamnés à s’entendre : il faut restructurer et pour cela, nous devons trouver des espaces de convergence et de dialogue afin de définir un agenda commun. A défaut, c’est une longue récession qui nous attend. Le défi, c’est d’arriver à mobiliser cet énorme réservoir de compétence qui est actuellement sous employé et dispersé à travers tout le Brésil. Car les compétences et la capacité d’innover ne manquent pas dans ce pays, mais pour les utiliser, il va falloir accepter certains sacrifices et beaucoup de courage, car le remède sera fort, à la hauteur du mal.

Il va falloir  à la fois subsidier les exportations, relancer les crédits, stabiliser le cours des changes, baisser les charges fiscales et les taux d’intérêts, tout en maintenant les investissements publics et en diminuant les dépenses de l’Etat. Un catalogue de mesures à la limite de l’impossible, mais qu’il va falloir appliquer rapidement. C’est le seul moyen de renouer avec le cercle vertueux de la croissance, car à chaque jour qui passe, les perspectives pour 2009 empirent.

D’après RODRIGO DA ROCHA LOURES, Président de la Fédération des Industries du Parana (FIEP) et Président du Conseil de Politique Industrielle de la Confédération Nationale des Industries (CNI) (Source : Gazeta Mercantil)

Contre-attaque : l’arme secrète

Que peut faire le gouvernement face à l’ampleur de la crise ? Mobiliser ses réserves de change pour financer les exportations et aider les entreprises endettées en devises. Elles étaient encore de 88 milliards de U$ en décembre 2008, une situation confortable si on se rappelle qu’au début du premier mandat présidentiel de Lula, en 2003, elles ne se montaient qu’à 16 milliards. Et ce bon résultat est dû notamment t au fait que la Banque centrale brésilienne a gagné 10 milliards de US$ en 2008 en pariant sur les titres du trésor américain. Traditionnellement, la Banque centrale utilise ces réserves pour stabiliser les cous des changes. Le gouvernement lui demande maintenant de les mobiliser pour aider à relancer l’industrie d’exportation. Le risque, c’est qu’en « étatisant » ainsi les pertes des entreprises privées, on étatise la dette extérieure du pays. Une politique qui avait fortement contribuer à mettre le Brésil et les autres pays d’Amérique latine au bord de la banqueroute dans les années 1980. La mesure n’est donc pas très orthodoxe, mais à situation particulière, réponse spécifique. (Source : Miriam Leitao, éditorialiste Globo)

Merci Monsieur Obama !

Désormais, l’industrie automobile américaine va devoir consommer de l’acier américain. Ou éventuellement canadien, mexicain, voire européen. Mais plus brésilien. C’est la dernière mesure prise pour « protéger et relancer l’économie nationale. Exit donc les 1,2 millions de tonnes de fer exportées vers les USA en 2008, premier débouché dans ce secteur pour l’industrie minière brésilienne. Le gouvernement a certes saisi l’OMC et va discuter bilatéralement avec la nouvelle administration américaine, mais ce n’est hélas pas le seul dossier auquel il doit faire face dans ce domaine : La Russie, l’Argentine, l’Ukraine, la France ont aussi pris des mesures pour sauvegarder leur industrie et limiter les importations. Le dernier pays à avoir rejoint ce camp des protectionnistes, c’est L’Equateur, qui a augmenté de 35% la taxe sur les importations brésiliennes !

Jusqu’’à présent, le gouvernement brésilien n’a pas adopté ce genre de mesures sur son propre marché, mais, pour Welber Burral, Secrétaire au Commerce extérieur, il est urgent de mener campagne, au sein des instances internationales, pour contrer cette déferlante anti libre commerce : « On assiste à une sorte de néo-néo protectionnisme qui s’exprime moins dans l’élévation des barrières douanières que dans la protection de la consommation intérieure et la stimulation des exportations. Une forme nouvelle de protectionnisme financier qu’il faut absolument combattre. » (Sources : Gazeta Mercantil, Globo, Estado de Sao Paulo, SRZD)

Le football aussi…

Le FC Flamengo, c’est un mythe footbalistique à Rio de Janeiro. Un peu comme Manchester United ou le Real Madrid. Nombre de cracks brésiliens ont fait leurs premières armes au Flamengo dont les supporters cariocas (habitants de Rio) sont très nombreux dans les milieux populaires.

Mais Flamengo n’échappe pas à la crise boursière, ni à la rétractation du marché. IL va devoir tailler dans ses dépenses. « Le budget 2009 sera amputé, il faudra réduire les dépenses de 20% », a déclaré Marcio Braga, le président du club. Première conséquence, il n’y aura pas d’achat de nouveau joueur cette année. Pas trop de souci, cependant, estime Mauricio Braga, « notre équipe est parfaite, nous n’avons pas besoin de nouveau joueur ». Réalité ou méthode Coué, on va le voir avec les matchs du championnat carioca qui commencent avec le début de l’année. Flamengo n’a pas encore particulièrement brillé… Mais il est vrai que c’est d’habitude en fin de saison que l’équipe se met à multiplier les exploits… (Source : SRZD)

 

 

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