Implants mammaires PIP, au Brésil aussi ; le musée d’Orsay revisité par des brésiliens ; la feijoada carioca patrimoine culinaire ; voitures brésiliennes peu sûres ; le Google Maps de la corruption.

Les implants mammaires PIP, fabriqués par la firme française Poly Implant Prothèse sont l’objet d’une polémique mondiale. Fabriqués à partir de silicone industriel utilisé dans l’informatique et les ustensiles de cuisine, mélangé à du silicone à usage médical, ils pourraient provoquer des cancers en cas de rupture. Or ils se rompent fréquemment. 

300’000 prothèses PIP ont été utilisées dans 12 pays différents avant la fermeture de l’entreprise en 2010, dont 25’000 au Brésil. Fondée en 1991, Poly Implant Prothèse est devenu le 3ème fabricant mondial d’implants mammaires.

Les autorités sanitaires brésiliennes, cependant, n’envisagent pas de financer une campagne  de retrait chirurgical de ces implants comme va vraisemblablement le faire la France où 8 cas de cancers auraient été détectés. Anvisa recommande cependant aux femmes concernées « de procéder à des examens réguliers tous les 3 à 5 ans pour prévenir une rupture éventuelle de la prothèse ».

Le musée d’Orsay revisité par des brésiliens

Au terme de deux ans de travaux, le Musée d’Orsay de Paris a révélé ses nouveaux atours. Parmi ceux-ci, le Café de l’Horloge, situé au 5ème étage, à l’extrémité de la galerie des Impressionnistes. Fernando et Humberto Campana, incontournables designers brésiliens, ont été choisis pour le réinventer. Le charme bourgeois des bistrots de velours rouge, de bois d’acajou et de pommeaux en laiton, ont fait place à un univers “aqua-onirique” inspirés par l’Italie des ancêtres des frères Campana, la culture brésilienne et la folie urbaine pauliste. Le «Café Campana » a été réaménagé dans l’esprit d’un hommage à l’Art Nouveau d’Emile Gallé, le verrier lorrain du début du XXème siècle qui avait comme grande source d’inspiration le milieu aquatique, et aux tableaux de Monet.

Aux pieds de la grande horloge de l’ancienne gare, le décor fait désormais place à des paravents constitués d’un enchevêtrement de fils métalliques corail, faisant écho aux corbeilles à pain, de grands panneaux diffusant une lumière bleuté, le tout surmonté de 180 lampes telles un ensemble corolles de fleurs qui seraient formées d’écailles dorées. En exclusivité, la boutique du musée d’Orsay propose à la vente deux des objets créés par les frères Campana au cours de la phase de relooking du café de l’Horloge. La chaise «Campana» (Design Fratelli Campana pour Edra – 2011) et la corbeille « Nuvem » (Design Fratelli Campana pour Alessi, en édition spéciale pour le musée d’Orsay) qui est l’un des classiques des deux Brésiliens.

Collaboration : Amélie PERRAUD-BOULARD (www.lepetitjournal.com – Brésil)

La feijoada carioca patrimoine culinaire 

Un séjour à Rio de Janeiro sans goûter à la feijoada, impossible ! Ce plat typique, composé de haricots noirs, de différentes viandes et saucisses en sauce, de riz, de feuilles chou vert et de farine de manioc est incontournable. Il sera peut-être bientôt un « bien immatériel national classé », si l’IPHAN, l’Institut Brésilien de Conservation du Patrimoine suit la recommandation lancée par Riotur, la délégation municipale pour le tourisme de la ville de Rio de Janeiro. La décision devrait intervenir avant le lancement des grands événements sportifs que Rio va accueillir, la Coupe du Monde de Football de 2014 et les Jeux Olympiques de 2016.

Et si tout va bien, la dégustation d’une feijoada « labellisée » pourra être accompagnée d’une « cachaça » haut de gamme, la Diamond, un alcool de canne à sucre soigneusement sélectionnées, distillées dans des alambic en cuivre et vieillies 5 ans. C’est surtout l’emballage de la Diamond qui fera la différence, une carafe faite main par les artisans de la soufflerie parisienne Saverglass, enserrée dans une armature d’argent sertie de diamants. Coût de chaque bouteille d’un  lot exclusif de 60 pièces, vendues aux enchères sur le site www.velhobarreirodiamonds.com.br, 212’000 R$ (105’000 CHF / 87’600 €). Une version « nationale » plus dépouillée sera commercialisée au prix de 90 à 120 R$.

Et puisqu’on parle de gastronomie, sachez encore que manger au restaurant à Rio de Janeiro revient plus cher que partout ailleurs au Brésil : 31 R$ (15 CHF / 13 €) en moyenne pour un repas principal simple avec boisson, dessert et café, soit 15% de plus que dans les autres villes du pays. Certes, en comparaison européenne, c’est encore raisonnable, sauf que dans les zones touristiques de Copacabana et Ipanema, le prix grimpe facilement à 35 voire 40 R$. 4’200 restaurants ont été testé dans tout le Brésil pour cette enquête « Visa/Datafolha, prix moyen des repas, édition 2011 ». En 2010, Rio de Janeiro était seulement numéro 5 au ranking des prix les plus chers.

Voitures brésiliennes peu sûres

Le Brésil est un important constructeur automobile. Hélas les modèles de voiture populaire les plus vendus dans le pays, sont des dangers publics pour les conducteurs et les passagers. Un test de sécurité réalisé par le programme d’évaluation Latin NCAP attribue la note 1 sur 5 aux 7 modèles de base des principaux constructeurs du pays, la Gol Trend de Volkswagen, la Palio ELX et la Novo Uno de Fiat, la Celta et la Corsa Classic de Chevrolet, le modèle Ka de Ford et la 207 de Peugeot. « Ces voitures sont équivalentes aux modèles européens d’il y a 20 ans en arrière » affirment les auteurs du test.

En cause l’absence d’airbags (ils vont devenir progressivement obligatoires dès 2014), mais aussi une carrosserie dont la structure est plus fragile que celle les modèles équivalents fabriqués en Europe ou aux Etats-Unis. « Sa déformation peut provoquer de graves lésions pour les passagers ».

L’Association Nationale des Fabricants de Véhicules Automobiles  (Anfeva) conteste, affirmant que « tous les véhicules fabriqués au Brésil répondent aux exigences légales en matière  de sécurité et d’émissions de polluants » et que « comparer différents pays et différents modèles de véhicules peut amener des distorsions. »

Le Google Maps de la corruption

Créée il y a 6 mois, la carte collaborative de la corruption hébergée sur le service de géolocalisation de Google enregistre déjà plus de 140.000 visites et 200 cas de corruption. C’est bien au-delà des espérances de sa créatrice, la photographe Raquel Diniz le 24 mai 2011. Il y avait alors seulement 20 cas enregistrés. Les internautes, espérant bien faire la guerre aux hommes politiques brésiliens en vue des élections municipales de 2012, l’ont alimentée depuis…

Raquel Diniz a eu l’idée de cet outil lorsqu’elle vivait en Espagne. Là, elle a pu accompagner de près le mouvement des Indignés, et s’inspirer de leur organisation en vue des manifestations, s’appuyant sur les réseaux sociaux. La photographe explique le succès de son outil : ” Le Brésil est suffisamment ouvert à la culture digitale, et la carte a été lancée à un moment d’effervescence politique nationale, l’année où de nombreux ministres de Dilma Rousseff sont tombés pour corruption. Chaque fois qu’un ministre tombait, la carte enregistrait plus d’accès, et plus de cas de corruption publiés “.

La carte de la corruption brésilienne fait aujourd’hui des émules. Ainsi, le procureur de la République du Tocantins a lancé, il y a quelques semaines, une carte de la corruption pour chaque municipalité de l’État. Raquel Diniz estime que cette année marquera une étape importante, celle de l’essor d’une nouvelle ère digitale où les citoyens prennent possession de l’outil Internet pour mener des combats politiques partout dans le monde : ” Aucune carte ne pourra jamais être exhaustive, mais désormais, les gens se préoccuperont des actes de leurs hommes politiques ».

 Collaboration : Stéphane DARMANI ©Green et Vert (www.lepetitjournal.com – Brésil)