Bilan de l’année de la France au Brésil ; ranking de la corruption ; meubles pour avion ; vie des entreprises.
Lancée le 21 avril dernier, l´Année de la France au Brésil s´est achevée dimanche 15 novembre par un grand spectacle à São Paulo. « Le défi de cet événement, c’était d’essayer de sortir des clichés cette France de la Tour Eiffel et des parfums, pour en moderniser l’image vis à vis des brésiliens » expliquent les organisateurs. Au total, plus de 500 manifestations dans 80 villes, « qui ont généré près de 1 500 reportages dans la presse et touché de 40 à 50 millions de personnes », estime le Commissaire brésilien de l’Année, Danilo Santos de Miranda.
L’opération, d’un coût d’environ 40 millions d’euros, a été financée à peu près à égalité par le Brésil et la France qui ont largement fait appel au secteur privé. Pari gagné ? Trop tôt pour le dire, mais il apparaît déjà qu’il en restera quelque chose…
Ainsi, la visibilité offerte à la France a largement profité au domaine économique avec de nombreuses missions croisées entre hommes d´affaires français et brésiliens. Pour Francisco Fragoso, qui représente au Brésil le constructeur de voiliers Benetteau : « tout le travail réalisé a renforcé la promotion et l´image des produits français au Brésil. Parce que le secteur nautique, depuis Jacques Couteau et Eric Tabarly, est b
ien ancré dans notre histoire et dans nos coeurs au Brésil. Et donc logiquement, ça nous a aidés à vendre, c´est sûr ».
La moisson a aussi été bonne pour d’autres entreprises de l’Hexagone avec la vente de sous-marins et d’hélicoptères français au Brésil – en attendant peut-être celle d’avions Rafale. “Cela traduit la synergie entre la France et le Brésil et la nécessité de dialoguer chaque fois plus”, a souligné le président brésilien à l’occasion de la cérémonie de clôture. Une proximité qui s’est manifestée dans un partenariat stratégique liant les deux pays : les Présidents Sarkozy et Lula se sont rencontré plus de 10 fois au cours de l’année.
Catherine Morin-Desailly, vice présidente de la Commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat français juge que les actions menées auront des suites concrètes dans le domaine de la coopération scientifique : « la venue de très nombreux professeurs français à des colloques leur a permis de constater l’intérêt de faire venir en France des étudiants brésiliens, qui ont un fort potentiel. Ces étudiants ont également été à même de constater la qualité de l’expertise française. Il sera intéressant d’évaluer en 2010 l’impact de l’AFB (Année de la France au Brésil) à travers le nombre de jeunes brésiliens venus étudier en France. » On attend le bilan officiel que les responsables de l’AFB vont publier dans quelques semaines.
Corruption : Brésil pas bon, mais moins pire que d’autres…
En matière de corruption, le Brésil ne s’est jamais distingué par une honnêteté exemplaire. Le dernier classement publié par Transparency International le confirme : 75° rang, 5 places de mieux que l’an dernier, mais toujours classé dans la catégorie des « pays à problème », notamment en ce qui concerne la fragilité de fonctionnement des institutions démocratiques et l’inertie de la justice. Avec une note de 3,7 sur 10, le Brésil précède cette fois les 3 autres BRIC’S (la Russie, l’Inde et la Chine). Comparé aux voisins latino-américains, le résultat est plus nuancé: à égalité avec la Colombie et le Pérou, derrière l’Uruguay, le Chili ou le Costa Rica mais largement devant le Vénézuéla, lanterne rouge de l’Amérique latine, 162° sur les 180 pays évalués. Ce n’est pas vraiment une surprise. Le champion de la transparence reste la Nouvelle Zélande, la Suisse apparaît en 5° position, le Canada en 8° et la France en 24°.
L’avionneur Embraer se lance dans le meuble… pour avion !
Un développement curieux mais explicable : une bonne partie des composantes d’un avion de ligne est faite de sièges, de coffrets à bagages, de lavabos et de cuvettes de WC. Des objets qu’Embraer achetaient jusqu’ici systématiquement à l’extérieur. Pour réduire ses coûts au moment où elle a de la peine à exporter ses appareils, l’entreprise de Sao José dos Campos a décidé de fabriquer ses meubles aéronautiques elle-même. C’est sa filiale de Gaviao Peixoto dans l’Etat de Sao Paulo qui s’en charge désormais. Le premier secteur visé est celui des avions d’affaire « où l’intérieur de chaque appareil doit être personnalisé » précise-t-on au service de presse. Embraer espère produire une centaine d’équipements complets d’ici la fin de l’année pour ses jets d’affaires Phenom. Elle en a 800 en commande ferme et 117 pour le modèle Legacy, plus grand. Une partie significative sera équipée de meubles provenant de la fabrique de Gaviao Peixoto.
Mais le vrai défi, c’est l’intérieur des avions de ligne. Là aussi, Embraer veut grignoter une partie du marché. Elle réalise déjà l’équipement du futur avion de la Présidence, un EMB 190, équivalent à l’Airbus A319 actuellement en service. Cela devrait lui ouvrir les portes de tous less appareils de 100 à 150 places qui volent autour de la planète.
Vie des entreprises :
Le Crédit Suisse passe à la caisse : la banque helvétique accepte de payer une amende de 19 millions de R$ (11 millions de CHF / 7,3 millions d’euros) pour avoir utilisé des informations privilégiées lors d’achats d’action de l’entreprise Embraer en 2005 et 2006.
D’ici 2014, la production de voitures de la filiale brésilienne Volkswagen dépassera celle de la maison-mère en Allemagne. Le Brésil sera le second marché de la marque sur le plan mondial juste derrière la Chine.
Michelin a signé un accord avec AGCO, distributeur de matériel agricole au Brésil, au terme duquel une partie des tracteurs commercialisés par AGCO sera équipée de pneus du fabricant français.
Vivendi rafle le 4° opérateur de téléphonie mobile du Brésil, GTV, à la barbe de l’espagnol
Telefonica qui avait pourtant renchéri sur l’offre française. Vivendi a négocié avec chacun des actionnaires de GTV individuellement jusqu’à acquérir une quantité suffisante de parts pour imposer sa suprématie. Reste que la clientèle de GTV est encore restreinte au Brésil, l’opérateur français fait donc une entrée discrète sur un marché brésilien très compétitif.
Le patron d’ACCOR-Brésil se confie : d’origine portugaise, naturalisé français, il est arrivé au Brésil en 1996 pour monter le réseau d’hôtels Mercure et Ibis. Au total 150 établissements aujourd’hui, 8’600 employés et une chaîne de tickets restaurant. Chiffre d’affaire annuel : 400 millions d’euros. Président d’honneur du groupe, Firmin Antonio consacre maintenant une partie de son temps à une ONG qu’il a créée, la Fondation Amazonie Durable, destinée à promouvoir « un tourisme moderne et respectueux de l’environnement.
Louis-Dreyfuss Commodities s’associe à l’entreprise pauliste SantelisaVale et devient la deuxième plus grande entreprise au monde dans le secteur sucro-alcool. LDC-SEV produit 2,7 millions de tonnes de sucre par an et 1,5 millions de m3 d’éthanol et sera capable de générer, grâce au brûlage des déchets de canne à sucre dans ses 13 usines, 1GW d’énergie annuellement, suffisant pour répondre aux besoins de 3,5 millions d’habitants.